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Droits de l’homme : la Russie fait ses adieux à sa plus ancienne militante Lioudmila Alexeeva

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La Russie a fait mardi ses adieux à sa plus ancienne militante des droits de l’homme, ex-dissidente soviétique et l’un des symboles de la critique du pouvoir, Lioudmila Alexeeva, décédée la semaine dernière à Moscou à l’âge de 91 ans.

Des figures de l’opposition, dont l’adversaire numéro un du Kremlin Alexeï Navalny, ainsi que des Russes ordinaires se sont succédé à partir de 07H00 GMT sous une neige épaisse pour rendre un dernier hommage à l’infatigable militante, lors d’une cérémonie organisée en plein centre de Moscou, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le président Vladimir Poutine s’est également rendu à cette cérémonie, qui a duré trois heures dans la Maison centrale des journalistes, pour déposer un bouquet de roses rouges au pied de son cercueil.

« Lioudmila Mikhaïlovna a vécu une vie longue et honnête qu’elle a consacrée au service de la société et à la défense des droits et des libertés », avait déclaré M. Poutine dans un message de condoléances envoyé aux proches de la militante.

Egalement présente à la cérémonie, la déléguée russe pour les droits de l’homme, Tatiana Moskalkova, a de son côté fait l’éloge de la volonté d’Alexeeva d' »aider les gens ».

« Si je sauve au moins une personne, c’est déjà une telle joie », disait Lioudmila Alexeeva dans une interview en 2017, l’année où elle avait célébré ses 90 ans.

Le président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, celui de la Cour des comptes, Alexeï Koudrine, ainsi que le président du Conseil consultatif pour les droits de l’homme auprès du Kremlin, Mikhaïl Fedotov, ont aussi assisté à la cérémonie.

Pour sa part, Lev Ponomariov, 77 ans, un des militants des droits humains les plus connus en Russie, qui purge actuellement une peine de 16 jours de prison pour avoir appelé à une manifestation non autorisée, s’est vu refuser le droit de venir dire un dernier adieu à Alexeeva.

– « Tout le monde la respectait » –


Présidente du Groupe Helsinki de Moscou et membre actif du Conseil consultatif pour les droits de l’homme auprès du Kremlin, Lioudmila Alexeeva, qui a été également l’un des symboles de la résistance en URSS, puis en Russie, est décédée samedi soir dans un hôpital moscovite des suites d’une longue maladie.

« Une personne légendaire, sage et humaine, elle resta défenseur des droits de l’homme jusqu’aux derniers moments de sa vie et restera pour beaucoup de gens (…) un exemple digne de suivre », avait déclaré dans un communiqué le Groupe Helsinki de Moscou, peu après l’annonce de son décès.

« Tout le monde la respectait », a déclaré à l’AFP Natalia Magnitskaïa, une retraitée, faisant la queue pour rendre un dernier hommage à la militante.

Plusieurs personnes venues à la cérémonie portaient des t-shirts en soutien aux militants des droits de l’homme incarcérés en Russie, et beaucoup tenaient des fleurs.

En 1976, Mme Alexeeva avait été l’un des fondateurs du Groupe Helsinki de Moscou, dont les membres furent au fil des années arrêtés et lourdement condamnés, ou contraints à l’exil.

En exil, elle a continué à défendre les opposants soviétiques et écrit une histoire de la dissidence, qui fait encore autorité. Elle n’est revenue à Moscou qu’en 1993, après la chute de l’URSS.

Ces dernières années, Mme Alexeeva a été de toutes les batailles, en critiquant notamment la Russie pour l’annexion en 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée, qu’elle a qualifiée de « honte » pour son pays.

Après la cérémonie d’adieux, son corps devait être incinéré au cimetière Troïekourvskoïe de Moscou, selon ses dernières volontés.

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