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Ecosse: Alex Salmond, l’image brouillée d’un dirigeant historique

Militant indépendantiste, l’ancien Premier ministre de l’Écosse Alex Salmond s’était assuré une place de choix dans l’histoire politique de sa nation, mais voit sa réputation sérieusement entachée par sa mise en examen après des accusations de harcèlement sexuel.

Visage rond et apparence débonnaire, l’homme de 64 ans a longtemps incarné le combat politique visant à « libérer les Écossais » des « chaînes » qui les lient au pouvoir central.

Le père du référendum – perdu – pour l’indépendance de l’Écosse, organisé en septembre 2014, est accusé de harcèlement sexuel par deux membres de son équipe lorsqu’il était Premier ministre de la province (2007-2014). Les faits, qu’il dément vigoureusement, remonteraient à 2013, et auraient notamment eu lieu dans la résidence officielle des Premiers ministres écossais.

Ces accusations l’avaient poussé, en août 2018, à quitter le Parti national écossais (Scottish National Party – SNP), qu’il a rejoint étudiant en 1973 et qu’il a dirigé pendant 20 ans.

« J’ai présenté ma démission afin d’écarter ce sujet d’attaque de la part de l’opposition », avait-il alors expliqué. « Je suis conscient que si le parti se sentait contraint de me suspendre, cela causerait une importante division interne ».

– « J’ai changé d’avis » –

Car Alex Salmond a laissé une profonde empreinte sur ce qui est devenu la formation politique la plus puissante d’Écosse, dont il avait pris les rênes en 1990.

Après un revers en 2000 qui le poussera à quitter « pour toujours » la direction du parti, il revient quatre ans plus tard, en disant simplement: « j’ai changé d’avis ».

Parvenant à rassembler la formation séparatiste auparavant hétérogène et marginale, l’homme, volontiers grandiloquent, adore faire campagne et fait du SNP une machine à gagner.

Il dirige le parti vers la victoire aux élections parlementaires écossaises de 2007, qui permettent au SNP d’accéder pour la première fois au pouvoir et le propulse « First Minister », soit Premier ministre de la province.

En 2011, le SNP rafle la majorité absolue au parlement écossais d’Holyrood. L’indépendance est sur orbite, pense-t-il.


Il se voit dans la lignée -toutes proportions gardées- d’un George Washington, Gandhi ou Eamon de Valera, qui ont tour à tour émancipé les colonies d’Amérique, d’Inde et d’Irlande.

Faisant trembler Downing Street, il veut rompre avec le parlement de Westminster, où il a siégé de 1987 à 2010. Som ambition est de présider aux destinées « d’un nouveau petit pays comptant parmi les 20 plus riches au monde », grâce à l’or noir du pétrole de la mer du Nord, et à l’or ambré du whisky.

Mais lors du référendum sur l’indépendance, 55% des Écossais votent pour rester dans le Royaume-Uni. La défaite est amère et dans la foulée, Alex Salmond annonce sa démission de la tête du SNP et de Premier ministre. Il laisse à sa successeure, Nicola Sturgeon, le soin de négocier une autonomie accrue vis-à-vis de Londres.

– « Scots Wha Hae » –

Né le dernier jour de l’année 1954 dans un lotissement ouvrier de Linlithgow, près d’Édimbourg, Alexander Eliott Anderson Salmond est un pur produit local comme l’attestent son accent rocailleux et son diplôme en économie et histoire médiévale de la prestigieuse université de Saint Andrews, qu’il a fréquenté avant de devenir économiste pour la Bank of Scotland.

David Torrance, auteur de « Salmond: Against the Odds » (Salmond, contre toute attente) établit un parallèle avec un autre dirigeant d’origine Écossaise qui a connu une rapide ascension dans les années 1990, Tony Blair. Il les juge tous deux plus pragmatiques que dogmatiques. Pour eux, « ce qui compte, c’est ce qui marche ».

Volubile en public, Alex Salmond est muet sur sa vie privée. Son épouse Moira, de 17 ans son aînée, apparaît très rarement à ses côtés. Le couple n’a pas d’enfants.

Ses passions? Longtemps pronostiqueur pour un quotidien de Glasgow, il raffole de courses hippiques. Il apprécie le bon bordeaux, le curry, est un fan de football et plus encore de golf.

Il aime aussi pousser la chansonnette. Avec une prédilection pour « Scots Wha Hae », qui retrace la victoire émancipatrice des Scots sur les Anglais à la Bataille de Bannockburn, il y a 700 ans.


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