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Elections au Bélarus: l’OSCE dénonce un « manque de respect » démocratique

« Manque de respect » à l’égard des règles démocratiques: le verdict des observateurs électoraux occidentaux est sévère lundi au Bélarus, au lendemain de législatives qui n’ont vu aucun représentant de l’opposition élu.

Pourtant, Alexandre Loukachenko, président de l’ex-république soviétique depuis un quart de siècle, disait vouloir un rapprochement avec l’Union européenne qui lui reproche justement son bilan en la matière.

« Ces élections ont démontré un manque de respect général à l’égard des engagements démocratiques », a dénoncé Margareta Cederfelt, la cheffe des 400 observateurs électoraux de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Elle a critiqué de manière plus générale les restrictions aux « libertés fondamentales » dans ce pays dirigé d’un main de fer par Alexandre Loukachenko depuis 1994.

Dès dimanche, l’opposition, qui comptait deux élus lors de la précédente assemblée des représentants, a dénoncé des fraudes massives.

Les principaux opposants, notamment les deux seuls élus sortants, ont été exclus du scrutin.

Selon la liste des députés élus publiés par la commission électorale du Bélarus, toutes ces personnalités sont favorables au pouvoir, issues d’administrations, partis et organisations le soutenant.

Parmi ceux-ci, l’ambassadeur du Bélarus en Turquie, un ex-ministre de l’Information, un haut responsable de la présidence, un vice-ministre de la Défense ou encore un ancien porte-parole de la diplomatie. On y compte aussi Miss Bélarus 2018, Maria Vassilevitch, qui apparaît régulièrement en compagnie de M. Loukachenko lors d’événements publics.

– ‘Excellence’ –

Surnommé « le dernier dictateur d’Europe », le président bélarusse dirige cette ex-république soviétique sans partage. Aucun scrutin organisé au Belarus depuis 25 ans n’a été jugé libre par les observateurs internationaux de l’OSCE.

« Le système bélarusse de falsifications des élections a été conduit jusqu’à l’excellence », a ironisé le politologue bélarusse Pavel Oussov, qui dirige le Centre d’analyse et de précisons basé à Varsovie.

La commission électorale a par ailleurs revendiqué une participation de 77,22%, un niveau très exagéré selon le politologue M. Oussov qui relève que les Bélarusses se déplacent de moins en moins à des élections dont l’issue est connue d’avance.


« On ne vote plus et on ne compte plus vraiment les voix », résume-t-il.

Le site d’information indépendant naviny.by estime que « sans même jeter un oeil (sur l’opposition) et lui crachant dessus, l’Etat a constitué la chambre parlementaire qu’il désirait ».

Privé de participation au vote, Nikolaï Kozlov, dirigeant du parti d’opposition Front Civique Uni, s’est indigné lundi auprès de l’AFP contre des « falsifications cyniques ».

– Présidentielle en 2020 –

Le président Loukachenko s’était pourtant récemment illustré en prônant de nouveau un rapprochement avec l’Union européenne, qui accuse ouvertement le pays de bafouer les droits de l’Homme, de museler l’opposition et les médias.

Il a ainsi effectué la semaine passée une rare visite en Autriche — la première dans l’UE en trois ans –, s’y défendant de toute atteinte aux libertés démocratiques et appelant à resserrer les liens politiques et économiques.

Le dirigeant bélarusse est cependant passé maître dans l’art de louvoyer entre les Occidentaux et la Russie, avec qui il discute depuis des années d’une hypothétique unification des deux pays.

Le Belarus s’était attiré des sanctions de la communauté internationale après la réélection d’Alexandre Loukachenko en 2010 à un quatrième mandat présidentiel et les répressions visant l’opposition et les médias indépendants qui l’ont suivie.

Certaines de ces sanctions ont depuis été levées, et M. Loukachenko espère obtenir de nouvelles concessions avant la présidentielle de 2020, à laquelle il compte se représenter.

Répondant aux accusations de falsification électorale après avoir voté dimanche, le président a balayé les critiques.

« Si la société n’aime pas comment le président organise (le vote), ils peuvent en choisir un nouveau l’année prochaine. Je ne m’accrocherai pas », a-t-il affirmé.


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