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En Afrique de l’Est, Macron appelle à placer l’environnement au cœur de l’économie

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Emmanuel Macron a coprésidé jeudi le « One Planet Summit » à Nairobi et appelé à placer l’environnement au coeur des choix économiques, au dernier jour d’une tournée en Afrique de l’Est au cours de laquelle il a prôné des « partenariats respectueux » avec les pays de la région.

Opposant l’approche française à celle de la Chine, qui multiplie les investissements à grande échelle en Afrique de l’Est, le président français a également supervisé, lors de cette visite de trois jours à Djibouti, en Ethiopie et au Kenya, la conclusion d’accords commerciaux et culturels dans cette région où la France a des atouts, mais qu’elle a largement délaissée.

« Je ne crois ni au camp des désespérés ni au camp des cyniques. Je suis dans le camp des déterminés. Il faut remettre au cœur de l’économie de marché la place de l’environnement et de la biodiversité », a lancé M. Macron à la clôture du « One Planet Summit », qui mobilise grandes entreprises et institutions, et qu’il copréside avec son homologue kényan Uhuru Kenyatta.

Applaudi à l’international pour son engagement sur le climat, Emmanuel Macron est en revanche accusé d’inaction en France dans ce domaine.

Des ONG à l’origine d’une pétition qui a recueilli plus de deux millions de signatures en France viennent de déposer un recours en justice contre l’État français pour « manquements » à son obligation d’action contre le réchauffement climatique.

Jeudi, le président français a annoncé une hausse de sa contribution aux projets de l’Alliance Solaire internationale et recommandé une simplification du système de primes à la conversion des véhicules en France. « Lutter contre le changement climatique c’est changer d’habitudes. C’est très compliqué de changer d’habitudes, les gens détestent ça », a-t-il dit.

– Équilibre –

Durant son périple au cours duquel il a rencontré ses homologues locaux, M. Macron a vanté les accords « respectueux » que la France est selon lui en mesure de proposer. Une critique à peine voilée contre les conditions posées par Pékin pour construire des infrastructures en Afrique, en Asie et en Europe.

La Chine finance de grands projets mais avec des clauses d’endettement contre capital (debt-for-equity) qui lui permettraient à terme de détenir des ports, des voies ferrées, des autoroutes…

« C’est une bonne chose que la Chine participe au développement de nombreux pays, mais je crois à l’esprit d’équilibre, de réciprocité. Les équilibres supposent le respect des souverainetés, des peuples », a déclaré mercredi le chef de l’État.


Jeudi, il a formulé une nouvelle attaque voilée lors du « One Planet Summit », s’en prenant aux centrales à charbon construites par la Chine en Afrique: « Tous ceux qui vous disent qu’il faut de grands réseaux centralisés, des grandes centrales à charbon, vous mentent et vous conduisent vers le pire, ce n’est pas le bon modèle pour l’énergie en l’Afrique ».

– Églises rupestres –

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la France et le Kenya ont conclu des contrats d’un total d’environ 2 milliards d’euros pour les entreprises françaises, à l’occasion de la première visite d’un président français dans ce pays, locomotive économique de l’Afrique de l’Est. Ces contrats sont une percée importante pour les groupes français au Kenya, pour l’instant partenaire commercial mineur de la France.

Le plus important est un contrat d’1,6 milliard d’euros sur 30 ans pour Vinci et le fonds français Meridiam pour construire et exploiter une autoroute partant de Nairobi vers le nord-ouest jusqu’à Mau Summit, au-delà de la ville de Nakuru, un des axes routiers les plus importants du Kenya.

Le groupe Transdev a par ailleurs conclu un protocole d’accord pour une navette ferroviaire entre la gare de Nairobi et l’aéroport international Jomo Kenyatta.

Mardi à Djibouti, ancienne colonie française nichée à l’entrée de la mer Rouge sur une des routes maritimes les plus empruntées au monde, M. Macron a visité la plus importante base militaire française à l’étranger.

En Ethiopie, il a promis de financer et accompagner le travail de protection des églises rupestres de Lalibela, un joyau menacé inscrit au patrimoine mondial.

Un modèle de la « diplomatie culturelle à laquelle je crois », a dit M. Macron, qui a également annoncé un accord-cadre de défense pour « un accompagnement spécifique de la France » sur la mise en place d’une marine éthiopienne, dans un pays qui n’a pas accès à la mer.

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