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En Afrique sub-saharienne, l’homosexualité est largement criminalisée

Plus de la moitié des pays de l’Afrique sub-saharienne – 28 sur 45 – disposent de législations interdisant ou réprimant l’homosexualité, même si le Mozambique, l’Angola et les Seychelles ont récemment fait évoluer leur législation.

De leur côté, le Tchad et l’Ouganda ont durci les lois punissant l’homosexualité.

Vendredi, un tribunal kényan doit se prononcer sur la constitutionnalité de deux lois criminalisant l’homosexualité datant de l’époque coloniale.

Au Botswana, une procédure judiciaire contre ce type de loi devrait être examinée en mars.

Quelques pays africains ne répriment pas l’homosexualité comme le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Mali, la République démocratique du Congo, l’Angola, le Mozambique, le Lesotho et les Seychelles.

Depuis la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud dispose d’un des cadres juridiques les plus libéraux du monde. La Constitution interdit toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et le mariage homosexuel a été légalisé en 2006, une première encore inégalée en Afrique. Les actes de violence homophobe sont pourtant fréquents.

Voici quelques exemples de législation criminalisant l’homosexualité en Afrique.

– La peine de mort est prévue, conformément à la charia, en Mauritanie pour les hommes (les femmes pouvant être punies de trois mois à deux ans d’emprisonnement), au Soudan, et dans le nord du Nigeria, même si aucune exécution pour ce motif n’a récemment été signalée. Dans le reste du Nigeria, une loi adoptée en 2014 prévoit des peines allant jusqu’à 14 ans de prison.


– Dans le sud de la Somalie, les homosexuels sont mis à mort dans les territoires contrôlés par les islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda.

– La Tanzanie punit l’homosexualité d’une peine minimale de 30 ans et pouvant aller jusqu’à la prison à perpétuité. Depuis l’élection du président John Magufuli en octobre 2015, une véritable rhétorique officielle dénonçant l’homosexualité, aussi bien masculine que féminine, s’est développée.

– En Ouganda, l’homosexualité est punie d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à sept ans. La législation adoptée en décembre 2013, réprimant notamment la « promotion de l’homosexualité » et rendant obligatoire la dénonciation des homosexuels, qui avait déclenché un tollé international, a été annulée pour vice de forme par la Cour constitutionnelle en août 2014.

– En Zambie, les relations homosexuelles sont punies d’un à 14 ans de prison.

– Le Tchad a voté en mai 2017 une loi punissant les rapports sexuels entre personne de même sexe, avec une peine allant de 3 mois à deux ans de prison et une amende de 50.000 à 500.000 francs CFA (76 à 760 euros).

– Au Malawi, la loi réprimant les relations entre personnes de même sexe et la sodomie a été suspendue en 2012, pour « réévaluation ». La Cour constitutionnelle ne s’est toujours pas prononcée sur le sujet.



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