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En Italie, le gouvernement populiste attendu sur son premier budget

Le nouveau gouvernement populiste italien doit présenter jeudi les grandes lignes de son premier budget, un exercice d’équilibre périlleux entre respect des promesses électorales et contraintes européennes.

Les yeux seront rivés sur un chiffre: le ratio déficit public/PIB en 2019, qui alimente les spéculations depuis des semaines.

L’Italie subit en effet la pression de la Commission européenne et des marchés financiers pour tenir son déficit au plus bas, afin de réduire sa colossale dette publique.

Celle-ci s’élève à 132% du PIB, le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

D’âpres négociations ont eu lieu au sein de la coalition gouvernementale, composée du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et de la Ligue (extrême droite), en particulier avec le ministre de l’Economie Giovanni Tria, qui plaidait pour maintenir le déficit autour de 1,6%, afin d’apaiser les marchés et obtenir l’aval de Bruxelles.

Le conseil des ministres est convoqué jeudi à 18H00 (16H00 GMT), ce qui devrait conduire à une annonce tardive.

De source parlementaire proche du gouvernement, on indiquait mardi que le déficit devrait s’élever à 1,8-1,9% du PIB, contre 0,8% prévu par le précédent gouvernement de centre-gauche.

Jusqu’au dernier moment, le leader du M5S, Luigi Di Maio, vice-Premier ministre, a fait pression sur M. Tria, estimant que « la seule obligation était (le seuil de) 3% » imposé par l’UE.

– Faire comme la France –

Evoquant le déficit prévu par Paris (autour de 2,8%), il a souligné lundi que l’Italie était « un pays souverain exactement comme la France ».

Et mardi soir, il est même allé jusqu’à menacer de ne pas voter le budget s’il ne prévoyait pas le revenu de citoyenneté, une des promesses phares de son parti, selon des propos tenus devant d’autres ministres et rapportés par la presse italienne.

« Ce n’est pas une menace, mais il va de soi que le M5S votera un budget courageux », a-t-il quelque peu nuancé mercredi.

Quelques heures plus tard, M. Tria a assuré que ce revenu serait bien dans le budget, afin d' »aider à gérer les conséquences sociales de la transformation (du monde) productif ».


Ce revenu de 780 euros, destinée à favoriser la réinsertion des plus modestes sur le marché du travail, aura un coût pour les finances publiques de dix milliards d’euros selon le M5S, et encore davantage selon d’autres calculs.

Le sujet avait déjà été au coeur d’une polémique ce week-end, après la diffusion d’un enregistrement dans lequel le porte-parole du chef du gouvernement, Rocco Casalino, proche du M5S, menaçait « d’éliminer une marée » de fonctionnaires des Finances s’ils empêchaient sa mise en oeuvre.

L’autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini, patron de la Ligue, est un peu plus prudent, même s’il souhaiterait lui aussi davantage de flexibilité. L’une des réformes portées par son parti est une « flat tax », un impôt sur les revenus limité à 15% et 20%.

La mise en oeuvre de cette mesure coûteuse sera vraisemblablement étalée dans le temps, car M. Tria (sans étiquette mais proche de la Ligue) exige que toute dépense ou perte de recettes soient couvertes.

– La Ligue s’envole –

Il craint en effet une nouvelle flambée du « spread », le très surveillé écart entre les taux d’emprunt italien et allemand, qui avait dépassé les 300 points en mai en raison des inquiétudes sur la politique à venir.

Or, plus les taux augmentent, plus le coût de remboursement augmente pour l’Etat, ce qui réduit ses marges de manœuvre financières.

L’équation du gouvernement est compliquée par une croissance moindre que prévu: elle devrait atteindre 1% en 2019 selon le FMI et 1,1% selon la Commission européenne.

Dans ces conditions, « la plupart des promesses électorales de la Ligue et du M5S ne devraient pas être présentes dans (ce) premier budget », d’autant que « le gouvernement doit trouver 13 milliards d’euros pour éviter une augmentation automatique de la TVA », à laquelle les deux partis s’opposent, pronostique Nicola Nobile, expert à Oxford Economics.

Le parti ayant le plus à perdre est le M5S, crédité aujourd’hui de 28-29% des intentions de vote, alors qu’il avait remporté plus de 32% des voix en mars.

La Ligue, portée par les discours anti-immigration et sécuritaires de M. Salvini, ne cesse elle de grimper: elle est désormais le premier parti du pays, avec quelque 32% des intentions de vote, contre 17% en mars.


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