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Fabien Roussel, un bon vivant pragmatique pour renouveler le PCF

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Extraverti, pragmatique assumant le dialogue avec les patrons : le profil de Fabien Roussel, devenu dimanche nouveau secrétaire national du PCF, tranche avec son prédécesseur Pierre Laurent, un atout pour renouveler l’image du parti, espèrent les communistes.

Le député du Nord a exhorté plusieurs fois, dimanche lors d’un congrès extraordinaire, les 49.000 militants, une « incomparable richesse », à être « fiers » d’être communistes.

« C’est pas les élites qui me font chier, c’est le capital ! », s’exclamait-il début octobre dans son bureau de l’Assemblée nationale. La saillie montre sa détermination à s’affirmer face au « dégagisme » de Jean-Luc Mélenchon.

Le natif de Béthune, ancien journaliste de 49 ans, a notamment annoncé dans l’hémicycle avoir commencé à créer son « entreprise offshore » sur internet avec pour « directeur M. Gérald Darmanin », suscitant l’ironie du ministre. Plus récemment, dans le cadre de l’examen du projet de loi antifraude, il a fait un quizz sur les paradis fiscaux pour M. Darmanin, drapeaux à l’appui.

Fabien Roussel souligne qu’il n’a pas été parmi les premiers signataires du texte vainqueur lors du vote des adhérents PCF début octobre, le « Manifeste pour un communisme du XXIe siècle », porté notamment par le patron des députés communistes André Chassaigne.

C’est même « la première fois » qu’il signe un texte alternatif. Mais il dit avoir « trop souffert ces 18 derniers mois » marqués par l’absence de candidat PCF à l’élection présidentielle de 2017 et des législatives catastrophiques.

– « Courir après les patrons » –

A-t-il les qualités pour unir les communistes qui abordent le Congrès extraordinaire ce week-end en plein doute existentiel ? Ses soutiens veulent le croire.


« J’aime beaucoup Pierre Laurent. Mais Fabien a plus de charisme, et dans les médias il aura plus d’impact. Il est important qu’on fasse enfin parler de nous », prédit Patricia Duvieubourg, présidente d’association caritative devenue sa numéro 2 sur la liste PCF aux régionales de 2015 dans les Hauts-de-France.

Fabien Roussel « a la double expérience de la direction d’une grande fédération et d’élu », un « atout », estime pour sa part Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis.

Même ses adversaires politiques ne tarissent pas d’éloges. « Il a des tripes » et « il n’est pas idéologue, pas sectaire », juge Xavier Bertrand, président (ex-LR) de la région Hauts-de-France.

Il peut renouveler le parti par « sa manière de faire de la politique : il n’est pas du tout complexé », rapporte Michelle Demessine, ancienne sénatrice du Nord.

Lorsqu’elle était secrétaire d’Etat au Tourisme sous Lionel Jospin entre 1997 et 2001, Mme Demessine l’avait embauché comme chargé de communication. Ils ont continué à travailler ensemble dans la majorité municipale à Lille. Elle décrit « un bon vivant qui aime faire la fête » qui avait « noué beaucoup de liens avec les milieux culturels ».

Si ce fils d’un journaliste à L’Humanité et d’une employée de banque a toujours baigné dans la culture communiste, habitant même une partie de son enfance au Vietnam, il dit placer le dialogue au centre de ses préoccupations. Jusqu’à assumer, loin de l’orthodoxie communiste, de « courir après les patrons pour qu’ils investissent dans une région ».

« Pourquoi j’ai gagné ? Parce que j’ai travaillé avec des socialistes, des hommes de gauche sans carte, des chrétiens, des électeurs du FN que j’ai convaincus », ajoute-t-il.



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