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Gaza, territoire palestinien ravagé par les guerres, la réclusion et la pauvreté

La bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, est une enclave palestinienne pauvre et surpeuplée, soumise depuis plus d’une décennie par Israël à un sévère blocus terrestre, aérien et maritime.

Mardi, Israël a suspendu les livraisons de fioul et de gaz via Kerem Shalom, seul point de passage des marchandises entre Israël et Gaza, en réaction aux cerfs-volants incendiaires lancés depuis l’enclave.

– Raids, roquettes et cerfs-volants –

Depuis le 30 mars, les habitants de la bande de Gaza manifestent le long de la barrière qui sépare l’enclave d’Israël afin de dénoncer le blocus et pour le « droit au retour » des Palestiniens chassés de leurs terres ou qui ont fui à la création d’Israël en 1948.

Au moins 144 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne et plus de 4.000 blessés par balle.

De nombreux incendies ont été provoqués par des cerfs-volants équipés de flammèches lancés vers le territoire israélien.

Des obus et roquettes ont aussi été tirés par le Hamas contre Israël, qui a mené de nombreux raids aériens dont un le 14 juillet ayant donné lieu au pire affrontement armé depuis la guerre de 2014.

– Territoire exigu –

Limitée au nord et à l’est par le territoire israélien, à l’ouest par la Méditerranée et au sud par l’Egypte, l’enclave est un territoire exigu de 362 km2, long de 41 km, large de 6 à 12 km. S’y entassent deux millions de Palestiniens, soit l’une des plus fortes densités de population au monde.

Après la guerre de 1948-1949, qui a éclaté au lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël, Gaza passe sous administration égyptienne, mais ne sera jamais annexée.

En juin 1967, le territoire palestinien est occupé par Israël.

Les accords d’Oslo établissent en 1993 l’Autorité palestinienne, qui va exercer sa souveraineté sur 67% du territoire, les 33% restants étant occupés par les implantations juives, où les colons vivent sous haute protection, et les zones militaires.

– Enfermement –

Le 12 septembre 2005, l’armée israélienne retire son dernier soldat dans le cadre d’un plan de désengagement, après l’évacuation de milliers de colons israéliens.


En juin 2006, quelques mois après la victoire historique du Hamas aux législatives, Israël –qui considère le mouvement islamiste comme « terroriste »– impose un blocus terrestre, aérien et maritime à l’enclave, à la suite de l’enlèvement d’un soldat (libéré en 2011).

Il renforce ce blocus en 2007 lorsque le Hamas chasse le parti Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas de Gaza après des combats fratricides.

En mai 2018, Israël a entamé la construction d’une barrière maritime au nord de Gaza pour empêcher de possibles infiltrations.

L’Egypte n’ouvre qu’exceptionnellement le terminal de Rafah, unique ouverture sur le monde des Gazaouis qui ne soit pas aux mains d’Israël.

– 45% de chômage –

Dépourvue de ressources naturelles, Gaza souffre d’une pénurie chronique de médicaments, d’eau et de carburant. Le taux de chômage s’élève à 45%. D’après la Banque mondiale, 80% des deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide.

Un accord conclu en octobre 2017 entre le Hamas et l’Autorité palestinienne a suscité un espoir de voir s’améliorer les conditions de vie, mais la réconciliation est depuis enlisée.

En mars, une conférence de donateurs a donné son feu vert à un projet d’usine de dessalement pour fournir de l’eau potable à Gaza. Plus de 95% de l’eau y est en effet impropre à la consommation en raison du pompage excessif de la nappe aquifère.

– Trois guerres depuis 2008 –

Le 27 décembre 2008, Israël lance une vaste offensive aérienne puis terrestre pour mettre fin aux tirs de roquettes (opération « Plomb durci »). Le 18 janvier 2009, un cessez-le-feu met fin à l’opération. 1.440 Palestiniens et 13 Israéliens ont été tués.

Le 14 novembre 2012, l’opération « Pilier de défense » est lancée, avec l’assassinat ciblé du chef militaire du Hamas, Ahmed Jaabari. En huit jours de frappes aériennes intensives, 174 Palestiniens meurent, dont une centaine de civils. Six Israéliens, dont quatre civils, sont tués.

Le 8 juillet 2014, Israël lance l’opération « Bordure protectrice » dans le but de faire cesser les tirs de roquettes et détruire les tunnels creusés depuis l’enclave palestinienne. La guerre fait 2.251 morts côté palestinien, en très grande majorité des civils, et 74 morts côté israélien, quasiment tous des soldats.


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