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GB: le ministre de l’Intérieur confie s’être vu demander de « rentrer » dans son pays

Le ministre britannique de l’Intérieur, Sajid Javid, a invité vendredi les personnalités publiques à « modérer leur propos » pour ne pas contribuer à attiser les divisions, soulignant s’être vu demander de « rentrer » dans son pays lorsqu’il était enfant.

Ces déclarations interviennent peu après les propos du président américain Donald Trump qui a appelé quatre élues démocrates américaines issues de minorités à « retourner » dans leurs pays d’origine, provoquant une vague de réactions scandalisées.

Dans une tribune au quotidien The Telegraph, M. Javid, d’origine pakistanaise, raconte qu’enfant il a dû « emprunter un chemin différent pour aller à l’école afin d’éviter les voyous du National Front » (extrême droite), se souvenant s’être senti « furieux et perdu quand on me disait de retourner de là où je venais ».

Dans une intervention sur la lutte contre l’extrémisme qu’il doit prononcer dans la matinée, le ministre estime que « le discours public se durcit et devient moins constructif ».

« Tout le monde a un rôle à jouer: les médias qui ne doivent pas donner une tribune aux extrémistes, la police qui doit s’attaquer aux pires contrevenants, les personnalités publiques qui doivent modérer leur langage », doit déclarer le ministre, selon des extraits de son intervention.


Dans sa tribune au Telegraph, M. Javid se dit « très préoccupé » par les « divisions qui commencent à se répandre » dans la société britannique, citant un couple de femmes récemment agressées dans un bus londonien, des « réfugiés qui se font malmener » et des « voyous d’extrême droite qui dissimulent leur racisme derrière un prétendu nationalisme ».

Il explique qu’il « faut faire tout ce que nous pouvons pour arrêter » ces extrémistes et ajoute qu’en tant que ministre de l’Intérieur, il a expulsé huit extrémistes, « allant d’un suprémaciste blanc d’extrême droite à un nationaliste noir américain », ainsi que des « prêcheurs de haine de différentes confessions ».

Ce discours intervient le jour de la publication par la Commission de lutte contre l’extrémisme des résultats d’une enquête menée auprès d’environ 3.000 personnes qui indique que plus de la moitié d’entre elles (52%) ont été témoins d’une forme d’extrémisme, 45% expliquant l’avoir observé en ligne et 39% dans leur quartier.



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