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« Génocide » contre les Rohingyas: les hauts gradés birmans ciblés par l’ONU

Dans son rapport final sur la crise des Rohingyas publié mardi, l’ONU cite six hauts responsables de l’armée birmane, demandant qu’ils soient poursuivis pour « génocide », « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » envers la minorité musulmane.

Voici les généraux qui pourraient avoir un jour à répondre de leurs actes devant la justice internationale.

– Min Aung Hlaing –

Commandant en chef des forces armées depuis 2011, il est l’homme le plus puissant de Birmanie, les ministères de la Défense et de l’Intérieur étant entre autres sous sa houlette.

« Le général Min Aung Hlaing est apparu bien informé des développements en temps réel sur le terrain », souligne le rapport de l’ONU, détaillant ses visites dans la zone où les exactions ont été commises.

« Les crimes étaient connus au plus haut niveau de la chaîne de commandement, ils faisaient partie de la stratégie militaire globale » ayant poussé 700.000 Rohingyas à l’exil depuis août 2017, relève encore l’ONU qui rejette la théorie avancée par les autorités birmanes d’exactions commises uniquement par « quelques pommes pourries ».

Min Aung Hlaing, 62 ans, a grandi à Rangoun et étudié le droit avant d’embrasser une carrière militaire. Il s’est fait connaître en 2009, en lançant une offensive contre plusieurs des nombreuses rébellions ethniques du pays. Des dizaines de milliers de personnes avaient fui les combats et des exactions avaient déjà été rapportées.

Le général avait l’habitude de faire sa promotion sur les réseaux sociaux, accusant les médias internationaux de « cacher la vérité » sur la crise rohingya et saluant « les brillants efforts (des militaires) pour restaurer la paix ». Mais ses deux comptes sur Facebook, qui comptabilisaient à eux deux plus de 4 millions d’abonnés, ont été fermés pour « violation des droits de l’homme ». La plate-forme russe VKontakte (VK) a également bloqué sa page.

– Soe Win –

Commandant en chef adjoint, Soe Win, apparaît juste en dessous dans l’organigramme présentant les six hommes, publié page 393 du rapport de l’ONU.

Il est particulièrement en charge du commandement de la région Ouest de la Birmanie, théâtre du drame rohingya.

Entré dans l’armée en 1980, il est soupçonné d’avoir été au coeur de plusieurs affaires de corruption entre 2008 et 2010. Il aurait notamment facilité l’obtention de concessions pour des sociétés spécialisées dans l’exploitation de l’or, du jade ou du teck en échange de pots-de-vin, d’après l’ONG Altsean Burma.


– Aung Kyaw Zaw –

Ce lieutenant-général est le plus haut gradé birman visé à la fois par l’ONU, l’Union européenne et les Etats-Unis.

Commandant du Bureau des opérations spéciales « numéro 3 » de 2015 à janvier 2018, il est « responsable des atrocités et des graves violations des droits de l’homme commises », d’après le Conseil de l’Union européenne.

Il aurait notamment supervisé le déploiement d’hélicoptères qui ont ouvert le feu sur les villageois et était « physiquement présent pendant les périodes clés » des opérations dans le nord de l’Etat Rakhine (ouest), théâtre du drame Rohingya, selon Amnesty international. Il a été limogé en mai pour « raison de santé ».

– Maung Maung Soe –

Ancien chef du commandement de la Région Ouest, il était en charge du « contrôle au jour le jour » sur terrain, selon le rapport de l’ONU. Il a été sanctionné dès décembre 2017 par Washington qui mettait en avant les « exécutions extrajudiciaires, violences sexuelles, arrestations arbitraires et incendies de villages » perpétrés par les troupes qu’il supervisait. Il a été limogé en juin.

– Aung Aung et Than Oo –

Ils étaient respectivement à la tête de la 33e et de la 99e division d’infanterie légère, déployées sur le terrain et directement impliquées dans les exactions.

Le 27 août 2017, dans le village de Chut Pyin où se trouvait la 33e division, des soldats ont tiré sur les hommes puis emmené les femmes dans une école où elles ont été violées: au moins 200 personnes ont été tuées, d’après Amnesty international.

Quelques jours plus tard, à Inn Din, dix villageois ont été exécutés par des soldats de la même division et le village a été entièrement rasé. Il s’agit du seul massacre que l’armée birmane a reconnu et sept militaires de second rang ont été condamnés à dix ans de prison dans cette affaire.


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