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Grèce: avec une majorité affaiblie, le gouvernement Tsipras demande la confiance du Parlement

Le Parlement grec commence mardi à débattre sur un vote de confiance au gouvernement d’Alexis Tsipras, dont la majorité est ébranlée par la controverse sur le nouveau nom de la Macédoine, un vieux débat déjà déclencheur d’évolutions politiques.

Pour le Premier ministre, l’accord gréco-macédonien en juin, qui rebaptise l’ancienne république yougoslave de Macédoine (Arym, Fyrom en anglais) en « République de Macédoine du nord », est « une occasion historique » de mettre fin à ce litige politico-sémantique empoisonnant les relations bilatérales.

Le différend a entravé l’adhésion de la Macédoine à l’Union européenne et à l’Otan en raison du veto grec, devenant par conséquent un sujet de dimension géopolitique pour l’Occident.

L’Union européenne n’a pas manqué d’ailleurs de saluer lundi « le courage politique et la responsabilité » d’Alexis Tsipras et de son homologue Zoran Zaev « de résoudre l’un de plus vieux conflits dans la région ».

Angela Merkel également, lors de sa visite à Athènes la semaine dernière, a loué « l’action décisive » d’Alexis Tsipras qui « profite » non seulement aux deux pays mais « à toute l’Europe ».

Après la ratification le 11 janvier de l’accord par le Parlement macédonien, la balle est maintenant dans le camp grec, le Parlement grec doit l’approuver d’ici à la fin janvier. Alexis Tsipras a « décidé d'(en) assumer le risque politique ».

Mais à l’approche du vote, Panos Kammenos, ministre de la Défense, dirigeant du petit parti souverainiste Grecs Indépendants (Anel) et fervent opposant à l’accord, a démissionné dimanche, réduisant ainsi la majorité parlementaire à 145 élus du parti de gauche Syriza, sur 300 au total.

Pour consolider son assise, Alexis Tsipras a demandé un vote de confiance au Parlement, dont le débat commence mardi après-midi avant le vote prévu mercredi à minuit.

Le principal parti d’opposition, la droite de Nouvelle-Démocratie (78 élus), hostile à l’accord sur la Macédoine, ne cesse de demander des élections anticipées.

Mais Alexis Tsipras a récemment réitéré que les législatives auraient lieu en octobre, à la fin de son mandat.

Pour le vote de confiance, une majorité simple est requise, qui ne doit toutefois pas être inférieure à 120 députés présents.


Fragilisé, le gouvernement Tsipras dispose d’une faible marge de manoeuvre. Mais il pourrait y parvenir car au moins quatre députés de l’Anel, dont deux ministres, devraient voter en sa faveur, ainsi que certains députés indépendants.

Au pouvoir depuis 2015, Alexis Tsipras a appelé « les forces progressistes » du pays à le soutenir pour « valoriser le rôle international du pays » et « la stabilité dans la région. « Chacun doit assumer ses responsabilités en ce moment crucial », a-t-il martelé.

« Le sujet de la Macédoine intervient à un moment où le système politique en Grèce est très polarisé, en raison de la crise économique » qui a frappé le pays, a indiqué à l’AFP Nikolaos Tzifakis, professeur au département des sciences politiques de l’Université du Péloponnèse.

– Démissions et dissensions –

Ce climat négatif « ne favorise pas les convergences dans le système politique comme c’était le cas par le passé lors de la conférence de Bucarest en 2008 », ajoute-t-il.

Lors de cette conférence, les principaux partis politiques avaient décidé d’accepter le terme de Macédoine accompagné d’un seul qualificatif.

Jusqu’alors, Athènes refusait à tout prix le nom de Macédoine à son voisin, considérant que cette appellation n’appartient qu’à son patrimoine historico-culturel. La province qui porte ce nom dans le nord de la Grèce est le lieu de naissance du roi antique, Alexandre le Grand.

En 1993, deux ans après l’éclatement de l’ex-Yougoslavie et la naissance de la petite république balkanique, la polémique avait déjà provoqué la démission du ministre grec des Affaires étrangères Antonis Samaras, puis la défaite de la droite lors d’élections anticipées.

Plus récemment, après des manifestations en juin, le chef de la diplomatie Nikos Kotzias, pilier du gouvernement Tsipras et fervent défenseur du nouveau nom, avait démissionné en raison de dissensions au sein du conseil des ministres, en particulier avec Panos Kammenos.

La question « touche le problème des identités nationales et provoque des réactions sentimentales », estime encore l’analyste Nikolaos Tzifakis. Un nouveau rassemblement est prévu dimanche à Athènes, à l’appel surtout des groupes nationalistes.


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