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Guatemala: retrait de l’immunité et expulsion d’enquêteurs anticorruption de l’ONU

Le Guatemala a retiré l’immunité et ordonné l’expulsion de 11 fonctionnaires d’une commission des Nations unies de lutte contre la corruption, qui veut enquêter sur le président Jimmy Morales pour des irrégularités dans sa campagne électorale de 2015, ont annoncé mardi le gouvernement et la mission onusienne.

Les enquêteurs de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (Cicig) ont « cessé de bénéficier de leurs privilèges et immunités », a annoncé le gouvernement dans un communiqué.

Le gouvernement estime que la commission onusienne est une « menace à la paix » et qu’elle a outrepassé ses fonctions.

Quelques heures plus tard, des représentants de l’Institut guatémaltèque de la migration se sont rendus au siège de la commission pour signaler aux fonctionnaires qu’ils avaient « 72 heures pour quitter le pays », a indiqué aux journalistes Matías Ponce, porte-parole de la mission de l’ONU.

La décision du gouvernement de M. Morales « cherche à porter atteinte à l’indépendance » du travail de la commission contre les groupes illégaux, a indiqué la Cicig dans un communiqué.


Le président guatémaltèque a engagé les hostilités contre la commission en août de l’année dernière, quelques jours après que l’agence de l’ONU et le bureau du procureur ont demandé la levée de l’immunité présidentielle pour enquêter sur les soupçons de financement électoral illicite pendant la campagne de 2015.

Le dirigeant de droite a accusé l’ancien juge colombien Iván Velásquez, à la tête de la Cicig, d’avoir outrepassé ses fonctions et a ordonné son expulsion du pays, mesure bloquée par la Cour constitutionnelle.

En août dernier, M. Morales a annoncé qu’il ne demanderait pas une nouvelle prolongation du mandat de la commission, en place depuis 2007. Le 4 septembre, il a interdit le retour de M. Velásquez dans le pays, profitant d’une tournée que le commissaire faisait aux États-Unis.

La Cicig a pris de l’importance en 2015 après avoir révélé une fraude douanière qui a conduit à la démission du président de l’époque, Otto Perez (2012-2015), désigné comme responsable de la fraude, en plus de mettre en lumière d’autres cas de corruption.

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