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Hauts responsables, pétrole, tapis: l’arsenal des sanctions américaines contre l’Iran

Du Guide suprême au pétrole en passant par les Gardiens de la Révolution, les sanctions américaines visent depuis août 2018 le coeur et la tête de l’économie iranienne, marque de la « pression maximale » exercée sur la République islamique pour la ramener à la table des négociations nucléaires.

Ces mesures visent à isoler l’Iran du système financier international. Depuis la sortie des Etats-Unis de l’accord nucléaire conclu en 2015 à Vienne, les entreprises étrangères, sommées de choisir entre leurs investissements iraniens et le marché américain, se sont désengagées d’Iran.

– Guide suprême –

Sanctionné pour être « l’ultime responsable de l’attitude hostile de l’Iran », l’ayatollah Ali Khamenei, son équipe et « d’autres qui lui sont étroitement liés » perdent « l’accès à des ressources financières essentielles », a affirmé lundi Donald Trump.

Son secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a précisé que les sanctions allaient geler des « milliards de dollars d’actifs ». Il a aussi annoncé des sanctions prochaines contre le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, qui a piloté les négociations nucléaires avec les grandes puissances.

– Gardiens de la Révolution –

Huit hauts gradés de l’armée idéologique du régime ont été visés lundi, dont le commandant de la Marine Ali Reza Tangsiri « qui a menacé de fermer le détroit d’Ormuz ». Amirali Hajizadeh, commandant de la Force aérienne et responsable selon Washington d’avoir abattu un drone américain le 20 juin, est aussi sanctionné, comme Mohammad Pakpour, commandant des forces terrestres, pour son déploiement en Syrie.

En avril, le corps des Gardiens de la Révolution avait été placé sur la liste noire des « organisations terroristes étrangères ».

La force Qods est également sur cette liste noire. Cette unité d’élite, chargée des opérations extérieures, soutient les forces alliées de l’Iran au Moyen-Orient, comme l’armée syrienne, le Hezbollah au Liban, ou encore les autorités irakiennes dans la lutte antijihadiste.

En janvier, le Trésor américain avait imposé des sanctions contre deux milices soutenues par l’Iran et se battant en Syrie.

– Pétrole, pétrochimie –

L’administration Trump veut fermer le robinet du pétrole brut et des condensats (pétrole léger), vitaux pour l’économie iranienne.

Selon l’agence Bloomberg, les exportations sont passées de 1,5 million de barils par jour (bpj) en octobre 2018 à 750.000 bpj en avril.

Washington a annulé en mai les dérogations accordées à huit pays, dont la Turquie et l’Inde, pour l’achat de pétrole iranien.

L’Iran affirme continuer à exporter son pétrole par le biais de « ventes non officielles ou non conventionnelles ». En parallèle, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, signataires de l’accord de Vienne, ont créé en janvier un mécanisme de troc avec l’Iran pour contourner les sanctions.


Autre secteur clé: la pétrochimie. En juin, Washington a ciblé la Persian Gulf Petrochemical Industries Company (PGPIC), un grand groupe lié aux Gardiens de la Révolution qui représente 40% de la capacité de production pétrochimique iranienne et 50% des exportations du secteur.

Le groupe est accusé de soutenir financièrement Khatam al-Anbiya, le conglomérat des Gardiens présent dans la plupart des grands projets d’infrastructures iraniens.

– Transactions financières –

Washington a interdit en août 2018 l’achat de dollars par le gouvernement iranien, et bloqué l’accès au système financier américain de la Banque centrale iranienne ou d’autres banques nationales. Les échanges avec les banques iraniennes sont aussi interdits.

L’administration Trump veut également que le circuit bancaire international Swift, maillon essentiel du système financier par lequel passent les virements dans le monde, déconnecte les banques iraniennes sanctionnées.

Les échanges d’or et de métaux précieux sont également interdits.

– Industries –

Les sanctions visent les secteurs du fer, de l’acier, de l’aluminium, du cuivre, du charbon et du graphite.

Le secteur automobile et l’aviation commerciale, qui avaient bénéficié d’une timide ouverture après l’accord de 2015, sont de nouveau dans le collimateur. La plupart des constructeurs automobiles européens ont abandonné leurs projets en Iran.

La construction navale et les transports maritimes sont aussi ciblés par les sanctions.

– Les autres sanctions –

Les Etats-Unis ont interdit l’importation chez eux de tapis ou de denrées alimentaires en provenance d’Iran.

En mars, 14 chercheurs en énergie nucléaire iraniens ont été visés par des sanctions, un avertissement pour les jeunes scientifiques de Téhéran tentés de suivre leur voie.



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