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Iftar à Médine : un grand moment de partage de nourriture sur fond de piété

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La coupure du jeûne dans l’immense Masjid al-Nabawi (mosquée du Prophète) de Médine, la « ville lumineuse » où reposent Mohammed (Paix, bénédictions et salut sur Lui, PBSL) et ses compagnons Abou Bakr et Omar, est un inoubliable moment de partage de nourriture orchestré par des milliers de fidèles dont la générosité n’est en rien freinée par la différence de leurs lieux de provenance.Deux heures de temps déjà avant l’âzane du crépuscule, l’appel à la prière symbolisant l’heure de la coupure du jeûne, le service de distribution alimentaire est enclenché à l’intérieur de la mosquée. Sur de longues toiles étalées devant chaque rangée de fidèles sont déposés plusieurs mets : pain, dattes, boites de lait caillé, noix de cajou et café chaud.

Au fur et à mesure qu’on orne les toiles et qu’approche l’heure de la coupure, des fidèles récitent fiévreusement le Coran là où d’autres, debout devant le mausolée du Prophète (PBSL), formulent tous les souhaits qu’ils ont en tête, conformément au récit mohammadien qui enseigne que la prière avant l’iftar est de facto exaucée.

Quelques fidèles, dans l’attente de l’appel à la prière, font preuve de générosité en partageant avec leurs voisins une partie de la nourriture qu’ils viennent de recevoir.

C’est le cas de ce Pakistanais. Venu à Médina après sa oumra, il a confié à l’envoyé spécial de APA que le nom du « Sénégal » ne lui disait rien, mais s’est par contre montré très généreux en partageant son eau de « zam-zam », ses dattes et son lait caillé. Ce breuvage est mélangé ici avec une épice avant qu’on y trempe son pain.

Si dans les mosquées sénégalaises, on coupe le jeûne avec des dattes, du café et quelques gorgées pour ensuite prier, le procédé est tout autre à Médine ou à La Mecque. Dans ces deux villes « sacrées », séparées par une distance de 400 km, l’Iftar (ndogou, en wolof) est plus consistant. Ainsi, il  peut prendre une bonne dizaine de minutes avant la prière du crépuscule.

Quand à un peu plus de 19h, retentit l’âzane dans cette ville qui a accueilli le prophète Mohammed (PBSL) il y a 1440 années, les fidèles coupent aussitôt leur jeûne, qui démarre en Arabie Saoudite à un peu plus de 4 heures du matin.

Grand moment de solidarité et de partage, la rupture dans la sainte de Médine donne lieu à incessant échange de nourritures où les gobelets d’eau et les dattes volent de main en main.  Chaque fidèle cherchant coûte que coûte à partager avec son « frère », dans le but d’avoir une pluie de bénédictions divines.


Toutefois à La Mecque et à Médine, n’importe qui n’est pas habilité à distribuer de la nourriture pour l’Iftar, selon Cheikh Horma, journaliste mauritanien qui atteste avoir regardé « beaucoup de documentaires » sur les pratiques du Ramadan en Arabie Saoudite.

Selon ce confrère, la distribution alimentaire pendant le Ramadan est depuis des siècles la « chasse gardée » de certaines familles ou tribus de La Mecque et de Médine. A l’en croire,  l’opération qui « s’hérite de père en fils » s’avère délicate, surtout dans sa phase concernant le respect de la configuration des rangées des fidèles.

De même, soutient-il, ces familles — dont certaines sont parmi les exploitants du pétrole — sont les seules ayant la possibilité de distribuer de la nourriture dans l’enceinte de la mosquée, puisqu’elles ont une autorisation publique « renouvelée » en permanence.

« Les Saoudiens aiment partager, surtout en période de Ramadan. Partout ils hèlent les gens à venir couper leur jeûne avec eux. C’est une culture ici », a conclu Cheikh Horma.

Cette assertion s’est vérifiée loin de La Mecque et de Médine quand, à la mosquée de l’aéroport de Djeddah où s’apprêtait à embarquer pour le retour l’envoyé spécial de APA,  un groupe d’hommes assis en cercle l’a chaleureusement prié de venir partager l’Iftar. Au menu de ce dernier repas pris en terre sainte de l’Islam : du pain et du lait caillé.



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