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Indonésie: sécurité renforcée à Jakarta après une nouvelle nuit de violences

Les effectifs des forces de l’ordre ont été significativement renforcées dans la capitale indonésienne jeudi après une deuxième nuit de violences opposant la police et des partisans de l’opposition qui contestent la réélection du président Joko Widodo.

58.000 policiers et militaires ont été déployés dans les rues de Jakarta, contre une trentaine de milliers précédemment, alors que des manifestants ont à nouveau attaqué dans la soirée les forces de l’ordre avec des jets de pierre et des feux d’artifice.

« Nous avons arrêté plus de 300 suspects. Nous les interrogeons et nous avons des preuves » d’un mouvement organisé, a indiqué Dedi Prasetyo, le porte-parole de la police nationale, à l’AFP, en précisant que « de l’argent, des faucilles, des machettes et des feux d’artifices » avaient été saisis.

Les affrontements qui ont débuté dans différents points de la capitale dans la nuit de mardi à mercredi ont fait six morts au cours de la première nuit de violences.

Les victimes étaient très jeunes, dont un lycéen de 17 ans et un jeune homme de 19 ans, selon les médias locaux. Les circonstances de leur mort ne sont pas connues mais la police a assuré ne pas avoir fait usage de balles réelles contre la foule.

Les manifestants sont descendus dans la rue après l’annonce surprise tôt mardi des résultats officiels de l’élection présidentielle confirmant la victoire de Joko Widodo face à l’ex-général Prabowo Subianto, à 55,5% des voix contre 44,5%.


Le candidat battu refuse de reconnaître sa défaite au scrutin du 17 avril, invoquant des « fraudes massives », et doit déposer ce jeudi un recours devant la Cour constitutionnelle, selon son équipe de communication.

Le centre de la capitale était calme jeudi matin, mais de nombreux bureaux, centres commerciaux et écoles restaient fermés.

Plusieurs ambassades ont appelé leurs ressortissants à ne pas se rendre dans le centre de la capitale où les forces de police ont bloqué des routes menant vers la commission électorale (KPU) et l’organe de supervision électorale (Bawaslu).

Ces institutions, prises pour cible par les manifestants, étaient protégées par des rouleaux de fil de fer barbelés et des centaines de policiers et de militaires.

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