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Iran: une célèbre avocate des droits humains condamnée à sept ans de prison

L’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, célèbre militante des droits humains emprisonnée à Téhéran, a été condamnée à sept ans de prison par la justice iranienne, a rapporté lundi l’agence de presse semi-officielle Isna.

Mais cette condamnation pourrait n’être que la partie émergée d’un verdict beaucoup plus lourd de plusieurs dizaines d’années d’emprisonnement, selon des éléments communiqués par son mari.

« Nasrin Sotoudeh a été condamnée à cinq ans de prison pour conspiration contre le système et à deux ans pour avoir insulté le guide » suprême Ali Khamenei, a déclaré le juge Mohammad Moghiseh, à la tête de la 28e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, selon Isna.

La cour « a tenu une audience pour ce procès à laquelle ma cliente n’était pas présente et nous avons finalement compris que la cour l’avait condamnée par contumace », a affirmé à l’agence de presse officielle Irna, Mahmoud Behzadi-Rad, l’un des avocats de Mme Sotoudeh, sans préciser la date de cette audience.

Citant le juge Moghiseh, Isna écrit que « l’affaire a été transmise à la Cour d’appel ».

Arrêtée en juin 2018, Mme Sotoudeh avait alors appris qu’elle avait été condamnée à cinq ans de prison « par contumace » sur des accusations d’espionnage.

Dans un message publié lundi sur son compte Facebook, Reza Khandan, mari de Mme Sotoudeh, écrit que cette dernière s’est vu notifier « en prison » sa nouvelle condamnation.


– 148 coups de fouet –

« Elle a été condamnée à 38 années de prison et 148 coups de fouet. Cinq ans pour la première affaire et 33 ans et 148 coups de fouets pour la deuxième », écrit M. Khandan sans plus de précision.

On ne sait pas avec précision si M. Khandan entend par « première affaire » le dossier qui a valu à son épouse de retourner en prison en juin ni si la condamnation à sept ans de prison rapportée par Isna entre dans le cadre de la « deuxième » affaire.

Mohammad Moghimi, un des avocats de Mme Soutoudeh, avait indiqué le 6 mars sur son canal Telegram que sa cliente avait décidé de ne pas se faire représenter au tribunal, car elle est d’avis que la procédure en cours ne réunit pas les conditions pour « un procès équitable ».

Me Moghimi avait précisé que sept chefs d’accusation étaient retenus contre Mme Sotoudeh dans cette procédure.

Récompensée en 2012 du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit décerné par le Parlement européen, Mme Sotoudeh a passé trois ans en prison, de 2010 à 2013, pour « activité contre la sécurité nationale » et « propagande contre le système » politique de la République islamique, après avoir défendu des opposants arrêtés lors des manifestations de 2009 contre la réélection à la présidence de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

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