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Israël dit n’avoir pas su qu’une frappe meurtrière à Gaza visait des mineurs

Accusée d’usage excessif de la force après la mort de trois adolescents palestiniens dans une frappe aérienne sur la bande de Gaza dimanche, l’armée israélienne s’est défendue mardi affirmant n’avoir pas avoir su qu’elle visait des mineurs.

L’armée israélienne affirme avoir cru que les trois adolescents, âgés de 13 et 14 ans d’après le ministère gazaoui de la Santé, étaient en train de poser une bombe près de la clôture séparant Israël de la bande de Gaza.

« Les troupes ont repéré un groupe de trois suspects s’approcher, en position accroupie et de façon suspecte, de la frontière à la faveur de l’obscurité », a indiqué l’armée dans un communiqué, ajoutant qu’ils (les adolescents) ont été aperçus en train de « saboter la clôture et creuser ».

« Les trois agissaient de la même manière que durant de précédents incidents lors desquels des terroristes avaient placé des engins explosifs au même endroit », a affirmé l’armée israélienne.

Elle a ajouté avoir effectué, avant sa frappe aérienne, « des tirs de sommation en direction (des adolescents) qui n’ont pas réagi ».

Les militaires « ne les ont pas identifiés comme étant mineurs », poursuit l’armée.

Le ministère gazaoui de la Santé a indiqué que les garçons tués étaient Khaled Abou Said, 14 ans, Mohammed Abou Zaher et Mohammed al-Satari, âgés de 13 ans, du village de Wadi al-Salqa, à un kilomètre de la clôture de sécurité.

Selon le Centre palestinien pour les droits de l’Homme, ils étaient âgés de 14 à 15 ans.


Confirmant qu’ils s’étaient approchés de la clôture séparant l’enclave palestinienne d’Israël, l’ONG basée à Gaza, avait en revanche déclaré que les secouristes ayant récupéré les corps du côté gazaoui « ont confirmé que les enfants n’avaient rien » comme armes sur eux.

Après avoir enquêté sur ces événements, le Centre palestinien pour les droits de l’Homme a qualifié « d’excessif » l’usage d’une frappe de drone contre les trois adolescents.

Les Palestiniens manifestent régulièrement depuis le 30 mars à Gaza pour protester contre le blocus imposé par Israël à l’enclave et pour le « droit au retour » des réfugiés palestiniens chassés ou ayant fui leurs terres à la création d’Israël.

Au moins 218 Palestiniens ont été tués depuis le début de cette mobilisation à Gaza le 30 mars, selon un décompte de l’AFP. Un soldat israélien a été tué.

Israël justifie son blocus par la nécessité de contenir le Hamas et accuse le mouvement islamiste qui dirige l’enclave d’orchestrer les protestations à des fins « terroristes ».

Les responsables palestiniens et des organisations de droits de l’Homme affirment de leur côté que des manifestants ont été visés alors qu’ils ne représentaient qu’une faible menace.

L’Etat hébreu et le Hamas se sont livré trois guerres depuis 2008 et observent un cessez-le-feu régulièrement remis en cause depuis le dernier conflit de 2014.



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