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Italie : coup d’envoi pour les demandes du revenu de citoyenneté

« Si ça fonctionne comme annoncé, ça va aider beaucoup de gens… ». Ils étaient des milliers mercredi aux guichets des bureaux de poste italiens pour déposer une demande de revenu de citoyenneté, une promesse du gouvernement populiste censée sortir des millions de personnes de la pauvreté.

En ce premier jour pour le dépôt des dossiers, le raz-de-marée annoncé dans les bureaux de poste ou les centres d’assistance fiscale (CAF) n’a toutefois pas eu lieu, commentaient les chaînes de télévision d’information qui ont multiplié les reportages du nord au sud de l’Italie.

« Les gens ont bien compris, notamment grâce aux explications des médias, qu’il ne s’agit pas d’une course à celui qui arrive le premier et que toutes les demandes seront prises en considération », a expliqué à l’AFP une porte-parole des Postes italiennes.

Mariela Pinzon, une Colombienne mère d’une fille adolescente, est l’une des premières personnes à s’être présentées dans ce centre mercredi matin.

« On a entendu dire aux infos que les CAF accueilleraient d’abord les personnes dont les noms commence par A ou B pour éviter la cohue. Moi, mon nom commence par P et il faudra peut-être que je repasse », explique-t-elle à l’AFP.

« C’est une excellente mesure et si ça fonctionne comme on nous l’a annoncé, alors oui ça va aider beaucoup de gens », ajoute cette femme qui espère que le dispositif lui permettra aussi de trouver un emploi.

Mesure phare du gouvernement populiste italien, portée par le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), le revenu de citoyenneté (RDC) s’adresse aux cinq millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en Italie et vise à la fois à favoriser leur réinsertion et à relancer la croissance économique par la demande.

– Versé sur 18 mois –


Les premiers versements auront lieu fin avril, voire début mai, quelques semaines avant les élections européennes, selon le gouvernement qui a prévu dans son budget de consacrer cette année quelque 6,6 milliards d’euros à cette mesure.

D’un montant de 780 euros par mois pour une personne seule, le RDC pourra être majoré, ou au contraire minoré, en fonction de la situation du foyer. Il sera versé sur une période de 18 mois et renouvelable une fois après une interruption d’un mois.

Les bénéficiaires doivent être installés en Italie depuis deux ans pour les Italiens et au moins dix ans pour les étrangers. Ils ne pourront pas refuser plus de deux offres d’emploi – dont la deuxième pourra être jusqu’à 250 km de chez eux et la troisième dans toute l’Italie – sous peine de se voir retirer la subvention.

« S’ils donnent en plus du travail, il faudra évidemment que les gens acceptent l’emploi proposé, il ne faut pas que cela encourage à ne rien faire », explique Paolo Scaglione, un retraité présent pour déposer au CAF du Trastevere une demande pour sa fille, une mère célibataire.

« Certains étrangers ont peu de ressources, moi par exemple j’ai quatre enfants, un revenu très bas et je paie un loyer. Je pense que pas mal d’étrangers vont le demander, et pas que des étrangers d’ailleurs, des Italiens aussi », confie Ruwena, une quadragénaire philippine, arrivée en Italie en 1992.

Selon l’Institut national italien de la statistique (Istat), le revenu devrait concerner 1,3 million de familles – chacune percevant en moyenne une allocation de 5.053 euros par an – la moitié d’entre elles vivant dans le sud de l’Italie.

Il sera directement versé sur des cartes de paiement électroniques qui pourront, dans un premier temps, n’être utilisées que pour acheter des denrées alimentaires dans des magasins conventionnés. Le dispositif devrait ensuite être élargi à l’habillement.

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