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Japon: Abe veut absolument lancer le débat sur la Constitution

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, s’est dit lundi déterminé à débattre activement de la réforme de la Constitution, son ultime ambition, au lendemain d’une victoire aux sénatoriales qui le conforte dans ses fonctions.

« J’ai dit plusieurs fois que ce scrutin se jouait sur le fait de savoir si l’on voulait ou non discuter de la Constitution, (…) et je crois qu’en nous donnant la majorité, les électeurs ont indiqué que nous devions à tout le moins en débattre », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Le Parti Libéral-Démocrate (PLD) de M. Abe et les autres formations favorables à la réforme constitutionnelle ont certes remporté une large victoire dimanche lors du renouvellement de la moitié de la chambre haute, mais n’ont pas obtenu la majorité des deux tiers qui aurait garanti le soutien nécessaire. Il s’en faut cependant de peu et M. Abe se veut confiant.

« La barre des deux tiers dans chacune des deux assemblées est extrêmement élevée », a-t-il reconnu mais il a dit vouloir faire des propositions qui puissent convaincre au-delà des querelles partisanes.

« Je souhaite un débat très actif sur ce que doit être la nouvelle silhouette de la Constitution », a-t-il insisté.

Rédigée par les Américains et entrée en vigueur en 1947, la charte fondamentale du Japon, connue pour son article 9 précisant le renoncement à la guerre comme moyen de régler des différends internationaux, n’a jamais été amendée depuis.

Shinzo Abe s’est il y a bien longtemps donné comme mission de réaliser ce qui était déjà le rêve de feu son grand-père Nobusuke Kishi, co-fondateur du PLD et ex-Premier ministre à la fin des années 1950.


Revoir ce texte constitutionnel n’est pas simple car, au-delà d’un accord des deux tiers au Sénat comme à la Chambre des députés, il faut aussi l’approbation de la population.

« La décision finale se fera par referendum, c’est l’ensemble des citoyens qui trancheront », a rappelé M. Abe.

Il veut un texte qui précise l’existence d’une armée nationale, mais va sans doute faire d’autres propositions plus consensuelles afin d’emporter l’adhésion de davantage de monde.

Il s’est donné initialement comme but de réussir à réviser le texte en 2020, avant la fin de son troisième et en théorie dernier mandat comme président du PLD en 2021.

Toutefois, l’idée court déjà d’une possible prolongation afin de lui laisser plus de temps. Il faudrait alors une nouvelle révision des statuts du parti où pour le moment aucune figure ne se distingue pour lui succéder.



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