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Kamala Harris émerge face à Trump et Biden dans la course à la Maison Blanche

Donald Trump s’est montré railleur vendredi après les premiers débats de la primaire démocrate qui ont dévoilé un champ grand ouvert, cap à gauche, de candidats désireux de le battre en 2020, avec une performance saisissante de la sénatrice noire Kamala Harris, et un favori, Joe Biden, fragilisé.

Deux soirées, deux débats et vingt candidats, un nombre record pour un groupe affichant une diversité inédite.

Ce grand show télévisé à l’américaine a confirmé les cinq noms du peloton de tête démocrate –Joe Biden, Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Kamala Harris et Pete Buttigieg– mais aussi les difficultés que l’ancien vice-président de Barack Obama va devoir surmonter s’il veut s’accrocher à sa pole position.

Assailli par les critiques de ses rivaux, qui lui ont reproché des décisions prises au cours d’une carrière politique longue de plus de 40 ans –notamment sur la question sensible des discriminations raciales– et l’ont appelé à laisser la place aux jeunes, le septuagénaire a laissé échapper une phrase malencontreuse sur le plateau à Miami.

« Mon temps est écoulé », a déclaré Joe Biden, 76 ans. Il parlait de son temps de parole mais a de fait offert la déclaration en or à ceux qui exhortent le vétéran à « passer le témoin ».

Derrière Joe Biden largement en tête dans les sondages (32%), le sénateur indépendant Bernie Sanders (17%) a été plutôt effacé jeudi soir tout en restant fidèle aux propositions très à gauche –sur un système de santé universel ou la lutte contre les inégalités économiques– qui ravissent ses supporteurs très fidèles.

– « Grand respect » pour Biden –

Mais c’est surtout le trio suivant, moins connu du grand public, qui a confirmé son statut de prétendants sérieux à la Maison Blanche:

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren (13%) a dominé le premier débat jeudi soir, tandis que l’ancienne procureure Kamala Harris (7%) a signé le moment le plus fort de cette séquence, en accusant Joe Biden, droit dans les yeux, de l’avoir blessée avec de récents propos controversés sur des élus ségrégationnistes.

Fille d’immigré jamaïcain et indienne, elle récoltait vendredi les fruits de son débat très bien préparé, disant sur les télévisions son « grand respect » pour Joe Biden mais aussi sa volonté de le battre aux primaires démocrates et de devenir la première femme noire à diriger la première puissance mondiale.

Kamala Harris, 54 ans, a « démontré qu’elle est la candidate la mieux préparée pour présenter le réquisitoire contre (un second mandat) de quatre ans pour Trump », se targuait son équipe, en insistant sur le parcours de cette habituée des « premières ».


Après deux mandats de procureure de San Francisco (2004-2011), elle a été élue, deux fois, procureure de Californie (2011-2017), devenant la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de ce grand Etat de l’ouest américain.

En cinquième place, le maire et benjamin de la course à 37 ans, Pete Buttigieg (6,6%) traverse de grandes difficultés dans sa ville de South Bend après la mort d’un Noir abattu par un policier blanc.

Mais cet ex-militaire, premier candidat de poids dans une élection présidentielle à se déclarer homosexuel, a impressionné en admettant sobrement ses responsabilités exécutives, tout en déplorant avec émotion « l’ombre du racisme systémique planant sur la police ».

L’Iowa sera le premier Etat à se prononcer dans ces primaires démocrates en février 2020.

– Les Américains « d’abord » –

Politique étrangère, « crise climatique », droit à l’avortement, armes à feu… les démocrates ont abordé un vaste éventail de sujets mais, jeudi soir, n’ont pas touché au sujet explosif d’une possible procédure de destitution contre Donald Trump, qui pourrait profondément diviser l’électorat à l’orée de la présidentielle de novembre 2020.

En face, le président républicain se frotte les mains après des échanges démocrates qui ont montré un cap nettement axé à gauche, notamment sur l’immigration et la santé. Comme lorsque, jeudi soir, les dix candidats sur le plateau ont levé la main pour afficher leur soutien à une couverture santé pour les migrants sans-papiers.

Sur Twitter, Donald Trump a rapidement raillé les candidats qui « donnent la santé gratuite à des millions d’étrangers illégaux. Pourquoi pas s’occuper des citoyens américains d’abord!? ».

« Tous les démocrates se sont bousculés pour voir qui pouvait se démarquer comme le candidat le plus gauchiste », a plus tard réagi son équipe de campagne.

Et vendredi matin, Donald Trump, 73 ans, a encore ironisé sur ses rivaux depuis le Japon: « J’ai entendu que ce n’était pas un bon jour pour Joe-Dodo et Bernie le dingue. L’un est épuisé, l’autre est fou ».



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