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Kazakhstan: Kassym-Jomart Tokaïev, un loyaliste destiné à devenir président

Kassym-Jomart Tokaïev, président par intérim du Kazakhstan et candidat du parti au pouvoir à la présidentielle, a connu une riche carrière au sein de l’élite politique de ce pays d’Asie centrale, privilégiant toujours la loyauté aux ambitions personnelles.

A 65 ans, M. Tokaïev a remplacé en mars à la tête de ce vaste pays l’indéboulonnable Noursoultan Nazarbaïev, après l’annonce à la surprise générale de sa démission après trois décennies au pouvoir. Celui qui était alors président du Sénat a aussitôt convoqué une présidentielle anticipée pour le 9 juin.

Investi comme candidat mardi par le parti Nour-Otan, il fait peu de doutes qu’il sera le nouveau président d’un pays qui n’a connu aucune élection jugée libre ou équitable par les observateurs internationaux.

« Je suis sûr qu’il sera un dirigeant digne », a estimé mardi M. Nazarbaïev, qui a conservé des fonctions clés dans la politique kazakhe malgré sa démission.

Diplomate chevronné, M. Tokaïev est né au Kazakhstan en 1953 dans une famille de l’intelligentsia soviétique. En 1975, il sort diplômé du prestigieux institut d’Etat des relations internationales de Moscou (MGIMO).

Il commence ensuite une carrière de diplomate qui fera de lui une personnalité politique de premier plan après l’indépendance du Kazakhstan en 1991. Il est nommé à deux reprises ministre des Affaires étrangères, ainsi que Premier ministre de 1999 à 2002.

Mais c’est son poste de président du Sénat qui exprime le mieux la confiance que lui accorde Noursoultan Nazarbaïev. Kassym-Jomart Tokaïev a occupé cette fonction à deux reprises, de 2007 à 2011 puis à partir de 2013 jusqu’au départ de Noursoultan Nazarbaïev.

Selon la Constitution kazakhe, c’est alors à lui d’assurer l’interim pour la succession du chef de l’Etat.

– Homme de l’ombre –


Maîtrisant le chinois et l’anglais, en plus du russe et du kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev a également été secrétaire général adjoint des Nations unies entre 2011 et 2013, devenant le premier citoyen kazakh à occuper un poste aussi élevé dans une organisation internationale.

Ces dernières années, il a essayé de corriger son image d’homme de l’ombre peu connu du grand public, par exemple en devenant un utilisateur actif du réseau social Twitter. L’un de ses récents tweets le montrait par exemple serrant la main d’un populaire chanteur kazakh.

Depuis son arrivée à la tête de l’Etat en mars, il a également cherché à se construire une image publique de dirigeant, accueillant par exemple le président sud-coréen Moon Jae-in ou rencontrant à Moscou son allié Vladimir Poutine. Ses voyages à travers le pays bénéficient d’une large couverture des médias d’Etat.

Ses marques répétées de loyauté à l’égard de l’ex-président Nazarbaïev et son attitude solennelle lui ont pourtant valu d’être critiqué pour son manque de charisme.

L’opposant en exil et ancien ministre de l’Energie Moukhtar Abliazov, condamné pour détournements de fonds au Kazakhstan, avait ainsi un jour comparé M. Tokaïev à un meuble, qui « émet un grincement lorsqu’on le déplace ».

Mais M. Tokaïev est sans doute l’homme le mieux informé des volontés de Noursoultan Nazarbaïev. En juin dernier, il avait estimé au cours d’une interview pour la BBC que l’homme fort du Kazakhstan ne briguerait pas de nouveau mandat, ce qui avait alerté les observateurs sur une possible succession.

« Honnêtement, je ne pense pas que le président Nazarbaïev se présentera à l’élection », avait-il déclaré.

La prédiction s’est avérée juste: c’est désormais M. Tokaïev qui défendra sa propre candidature le 9 juin.



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