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La Birmanie commémore le 30e anniversaire de la révolte de 1988

Environ 2.000 personnes, principalement des étudiants et d’anciens militants, se sont rassemblées mercredi à Rangoun pour commémorer le trentième anniversaire de la révolte populaire de 1988 réprimée dans le sang par les militaires, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le rassemblement a eu lieu dans l’enceinte de l’université de Rangoun, dont l’entrée était décorée pour l’occasion de drapeaux rouges arborant un paon, emblème du mouvement de contestation des frondeurs, regroupés sous l’étiquette « Génération 88 ».

Dès mars 1988, des manifestations pacifiques avaient eu lieu dans le pays pour protester contre le lent déclin de l’économie et la répression toujours plus forte de la junte militaire. Le 8 août, une grève générale avait été organisée, entraînant des milliers de birmans -étudiants, ouvriers, membres des minorités ethniques, moines- dans les rues. L’armée avait tiré sur la foule: des centaines de personnes avaient été tuées et des milliers d’autres arrêtées.

« Trente ans après, nous, les étudiants, sommes revenus ici, mais certains n’ont pas été en mesure de revenir », a déploré dans son discours l’un des anciens leaders du mouvement de contestation, Min Ko Naing.

C’est au moment de la révolte de 1988 que la future Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, rentrée de Grande-Bretagne en Birmanie au chevet de sa mère malade, est devenue le symbole de la lutte contre la junte militaire.


Après avoir passée quinze ans en résidence surveillée, « la dame de Rangoun » a pris en avril 2016 la tête du gouvernement birman, son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), ayant remporté très largement les élections.

Peu de gens s’attendent à un changement de gouvernement lors des prochaines législatives de 2020.

« Je n’aime pas le gouvernement de la LND car ils n’ont pas la capacité de diriger le pays et ils ont manqué à leurs promesses. Mais je n’aime pas non plus les militaires. C’est pourquoi, je suis venu ici pour soutenir les étudiants », a déclaré à l’AFP Cho Aye, 71 ans, qui assistait au rassemblement.

Peu de voix se sont toutefois élevées contre Aung San Suu Kyi, qui bénéficie toujours d’une énorme popularité dans son pays alors que la crise des Rohingyas a entaché considérablement sa réputation internationale.


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