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La Colombie sur le chemin de la paix, mais submergée par la drogue

La Colombie, où se déroule dimanche le second tour de la première élection présidentielle en temps de paix avec l’ex-guérilla Farc, reste confrontée à la violence de groupes armés qui se disputent le contrôle de la cocaïne.

– Une paix fragile –

Fin 2016, la Colombie a tourné la page de plus d’un demi-siècle de confrontation armée avec la plus puissante et la plus ancienne guérilla du continent.

Le président Juan Manuel Santos et le chef de la rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) Rodrigo Londoño, alias « Timochenko », ont signé un accord de paix historique.

Au cours des décennies, le conflit colombien a impliqué une trentaine de guérillas, des milices paramilitaires d’extrême droite et les forces de l’ordre, faisant au moins huit millions de victimes, entre morts, disparus et déplacés internes.

Outre le désarmement de 7.000 combattants de cette guérilla, reconvertie en parti sous le même acronyme, l’accord, dont l’application est l’un des enjeux de la présidentielle, prévoit des réformes politiques, rurales, une justice spéciale de paix et le dédommagement des victimes.

Salué par la communauté internationale, ce pacte se trouve toutefois dans une phase difficile, les ex-guérilleros s’inquiétant de la lenteur de sa mise en application alors que le candidat de droite Ivan Duque, favori des sondages, menace de le modifier.

M. Santos, prix Nobel de la paix 2016 qui quittera le pouvoir le 7 août, a aussi lancé des pourparlers avec l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste), dernière guérilla du pays.

– Premier producteur de cocaïne –

Situé au nord-ouest de l’Amérique du Sud, ce pays de 1,1 million de km2 est le premier producteur mondial de feuilles de coca, avec 146.000 hectares de plantations, et le plus grand producteur de cocaïne avec 866 tonnes en 2016, selon l’ONU.

Le gouvernement espère éradiquer 65.000 hectares cette année, après 52.000 hectares en 2017.

En 2017, les homicides ont augmenté de 11% à 39,5 pour 100.000 habitants dans les zones de culture de coca, depuis l’accord avec les Farc, dont des dissidents, l’ELN et des gangs se disputent les anciens fiefs.


– Croissance ralentie –

Ralentie par la lente récupération des cours du pétrole et des hausses d’impôts, la quatrième économie d’Amérique latine a enregistré en 2017 sa plus faible croissance en près d’une décennie (+1,8%).

Depuis l’arrivée au pouvoir de Santos en 2010, ce pays d’environ 49 millions d’habitants a connu une croissance moyenne de 3,85%. le déficit fiscal atteint 3,6% du PIB, le chômage 9,4% et l’inflation 4,1%.

Le gouvernement évalue le coût de l’accord de paix avec les Farc à environ 44 milliards de dollars sur quinze ans, dont 37,4 milliards pour la réforme rurale.

Troisième producteur mondial de café, la Colombie a produit 14,2 millions de sacs de 60 kilos en 2017. C’est aussi un des principaux producteurs d’émeraudes.

En 2016, 28% de la population vivait sous le seuil de pauvreté (Banque mondiale).

Le pays est confronté à l’arrivée massive de Vénézuéliens fuyant une crise politico-économique et humanitaire. Environ 762.000 ont migré en Colombie ces deux dernières années et 518.000 veulent rester, selon le gouvernement.

– Pays de Garcia Marquez et Shakira –

Un des Colombiens les plus célèbres est le prix Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez, maître du « réalisme magique » décédé en 2014, auteur notamment de « Cent ans de solitude ». « Gabo » avait quitté la Colombie en 1954, après une chronique ayant déplu au régime en place, et vivait depuis 1961 au Mexique.

Autre compatriote mondialement connue, la chanteuse Shakira, interprète de « Waka waka », l’hymne du Mondial 2010 et l’une des artistes latino qui a vendu le plus de disques. En couple avec le footballeur Gerard Piqué, elle vit en Espagne.



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