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La justice sud-africaine refuse la libération d’un ex-ministre mozambicain

La justice sud-africaine a refusé vendredi la libération de l’ex-ministre des Finances mozambicain Manuel Chang, détenu depuis la fin 2018 dans le cadre d’une affaire de corruption qui suscite de nombreux remous dans son pays.

« Je ne peux pas accorder de liberté sous caution au requérant car cela ne servirait pas les intérêts de la justice », a tranché la juge Sagra Subroyen au terme d’une audience au tribunal de Kempton Park, près de Johannesburg.

Comme le parquet, la magistrate a mis en doute les garanties de représentation de l’accusé.

« Même si ses passeports lui ont été confisqués, cela ne garantit pas qu’il ne puisse pas en obtenir d’autres et prendre la fuite », a-t-elle dit, ajoutant soupçonner l’ex-ministre de disposer « de comptes bancaires qu’il a cachés au tribunal ».

Manuel Chang a été arrêté fin décembre à l’aéroport de Johannesburg sur demande d’un procureur américain.

Il est accusé d’avoir autorisé des entreprises publiques à contracter des prêts secrets d’un montant de 2 milliards de dollars pour acheter des bateaux, notamment militaires, auprès du groupe du milliardaire franco-libanais Iskandar Safa.

Selon l’acte d’accusation de la justice américaine, M. Chang est soupçonné d’avoir touché 5 millions de dollars de pots-de-vin pour avoir autorisé ces prêts lorsqu’il était ministre.


Un audit indépendant a estimé à 500 millions de dollars la part de ces prêts, délibérément cachés au Parlement et aux bailleurs de fonds internationaux, détournés au profit d’industriels, des banquiers et des dirigeants mozambicains.

La révélation de cette « dette cachée » a plongé le Mozambique dans sa pire crise financière depuis son indépendance en 1975.

Manuel Chang fait l’objet de demandes d’extradition des Etats-Unis et du Mozambique.

Depuis son arrestation, le parquet général de Maputo a donné un coup d’accélérateur à son enquête. Jeudi, il a ordonné l’arrestation de cinq personnes, parmi lesquelles l’ex-chef des services secrets Gregorio Leao et l’assistante de l’ancien chef de l’Etat Antonio Guebuza, Ines Moiane.

L’affaire embarrasse l’actuel président mozambicain Filipe Nyusi, ministre de la Défense à l’époque des faits et candidat à un nouveau mandat à la tête du pays lors des élections générales prévues le 15 octobre prochain.



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