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La petite sœur de la Coupe d’Afrique des nations en banlieue parisienne

Dimanche soir à Evry. Des cris de joie s’échappent du stade Jean-Louis Moulin: le Congo vient d’ouvrir le score contre la Tunisie pour la troisième journée de la Coupe d’Afrique des nations. La vraie CAN ne démarre que dans trois semaines mais ici, elle bat déjà son plein et connaît un succès assez fou.

« A la base, c’était juste pour rigoler », explique Jawed, sélectionneur du Maroc. « Maintenant j’ai des Marocains du monde entier qui me suivent sur Snapchat », dit-il à l’AFP, caché derrière ses lunettes de soleil.

Pour imiter le vrai tournoi, qui aura lieu du 21 juin au 19 juillet en Egypte, des habitants d’Evry ont eu l’idée d’organiser leur propre Coupe d’Afrique, surnommée la « CAN Epinetzo », contraction du nom des Epinettes et des Aunettes, deux quartiers cosmopolites de la ville.

Bien sûr, il s’agit d’un tournoi amateur, mais on prend les choses très au sérieux ici. Un hymne a été composé et un clip tourné pour l’occasion, des conférences de presse tournées dans un salon de coiffure sont diffusées avant les rencontres et les équipes disputent des matches de préparation entre chaque rencontre.

Et en cas de contestation d’une décision arbitrale, on sort même l’assistance vidéo. Ou plutôt, on s’agglutine autour d’un téléphone portable qui a filmé la scène.

Arbitrage, services d’ordre… « Tout est organisé par nous-mêmes. Chacun met la main à la patte », raconte Moussa, l’un des organisateurs, également coach du Mali. « On a lancé ça dans un délire mais ça a pris beaucoup d’ampleur », poursuit-il.

– Niska, Drogba et Benzema –


Désormais à chaque match, entre 1000 et 2000 personnes font le déplacement pour s’enflammer pour leur équipe de cœur, et à chaque but marqué, c’est envahissement du terrain assuré. Maroc, Sénégal, Mali, Côte-d’Ivoire… presque toutes les communautés de la ville se sont mobilisées pour monter une équipe nationale et représenter leur pays d’origine. Les Dom-Tom ont également été invités à la fête et une équipe du « reste du monde » a été mise sur pied.

Un succès incroyable, largement dû aux réseaux sociaux, pour ce qui n’était au départ qu’un simple tournoi entre amis.

Relayée sur Instagram, Snapchat ou encore Twitter par le rappeur Niska, originaire de la ville, la compétition a rapidement fait parler d’elle. Les messages de soutien de grands noms du football, comme Karim Benzema, d’origine algérienne, ou l’Ivoirien Didier Drogba, ont aussi fait beaucoup pour la notoriété de l’événement.

Et les médias traditionnels ont suivi : « la semaine dernière, on se croyait en Ligue 1 tellement il y avait de caméras », sourit Moussa.

« Ca a pris un élan qui nous dépasse. C’est agréable », ajoute Lambert Mendy, qui s’est improvisé sélectionneur du Sénégal et qui veut aussi mettre en avant les valeurs de cette CAN. « C’est un message de fraternité. On voudrait qu’à travers ce genre de tournois, on parle d’Evry en bien. En organisant tout nous-même, on montre que les choses peuvent bien se passer dans un esprit fraternel », dit-il.

Des tournois similaires ont fleuri dans d’autres villes de la région parisienne, comme à Mantes-la-Jolie (Yvelines), Créteil (Val-de-Marne) ou encore Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où les fumigènes étaient de sortie le week-end dernier. De quoi patienter avant le début de la véritable Coupe d’Afrique des nations.



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