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La radicalisation dans les prisons belges, « un problème considérable »

Les services de renseignement belges s’inquiètent d’une menace terroriste persistante dans le pays, en raison de la radicalisation en prison et du risque de récidive des condamnés pour terrorisme, « un problème d’une ampleur considérable » selon eux.

La Sûreté de l’Etat, le service civil de renseignement en Belgique, s’exprime ainsi dans son rapport d’activité 2017-2018, consulté vendredi par l’AFP. Une démarche de transparence rare saluée comme « une petite révolution » par les médias belges.

Les prisons belges, note le rapport, « abritent aujourd’hui une population de détenus incarcérés pour terrorisme d’une importance jamais égalée auparavant », ce qui expose à un risque de « contagion » des idées radicales « plus considérable que jamais ».

« Compte tenu de la tendance actuelle et persistante à la récidive chez les anciens détenus incarcérés pour terrorisme, sans parler des prisonniers radicalisés +ordinaires+, la Belgique devra encore faire face pendant un certain temps à une menace terroriste latente », poursuivent les auteurs.

La Belgique a été frappée par plusieurs attaques jihadistes revendiquées par le groupe Etat islamique, notamment en 2016 (32 morts à Bruxelles) et en mai 2018 (3 morts à Liège).

Les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles ont été perpétrés par une cellule également à l’origine de ceux du 13 novembre 2015 à Paris (130 morts). Les auteurs avaient pour certains combattu en Syrie, nombre d’entre eux étaient d’anciens condamnés.

La Sûreté de l’Etat présente le conflit syrien comme un « catalyseur » du phénomène de radicalisation des détenus, en partie à l’origine de la récidive.


« Nombreux sont les individus condamnés en Belgique entre 2001 et 2011 dans des affaires de terrorisme et qui récidivent en tant qu’extrémistes islamistes ou que terroristes », est-il souligné.

Et ceux qui sortiront de détention « d’ici 3 à 5 ans », est-il ajouté, « sont susceptibles d’entraîner une nouvelle vague d’extrémisme, voire de jihadisme dans notre pays ».

En proportion de sa population, la Belgique a été un des tout premiers pourvoyeurs de combattants étrangers pour le jihad en Syrie, avec « depuis 2012, plus de 400 » départs recensés, selon ce rapport.

Parmi ces combattants belges, un tiers est revenu, beaucoup sont morts, mais « environ 150 » seraient encore « actifs sur place », un nombre resté « étonnamment stable depuis 2016 ». « L’implosion du califat n’a pas entraîné un retour massif » de ces jihadistes étrangers, est-il indiqué.

Dans un chapitre sur « Le salafisme, numéro un de l’extrémisme », la Sûreté de l’Etat relève que l’enseignement à domicile (EAD) est un vecteur de radicalisation.

« Près de 20% de parents élèves inscrits dans l’EAD seraient liés à des groupes extrémistes », ce qui est « une menace potentielle à prendre au sérieux au vu de la fragilité du public-cible ».



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