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La tombe du soldat inconnu à Paris, haut lieu du souvenir de la Grande Guerre

La tombe du soldat inconnu, sur laquelle se rendront plus de 60 chefs d’Etat et de gouvernement avec Emmanuel Macron dimanche, est un haut lieu du souvenir de la Grande Guerre en France, situé sous l’Arc de Triomphe, au coeur de Paris.

« Ici repose un soldat français mort pour la patrie. 1914-1918 ». La dalle de granit portant cette épitaphe est installée sous le monument napoléonien, place de l’Etoile, en haut de la célèbre avenue des Champs-Elysées. Devant elle brûle la flamme du souvenir, ravivée chaque soir à 18h30 lors d’une cérémonie. La tombe est le symbole des 1,4 million de combattants français morts pendant la Grande Guerre.

Evoquée dès 1916, alors que la bataille de Verdun fait rage, l’idée d’honorer un soldat inconnu mort pour la patrie aboutit début novembre 1920 avec le vote d’une loi décidant de l’Arc de Triomphe comme lieu de sépulture.

Huit corps de soldats français non identifiés, provenant de différents secteurs du front, sont alors transportés dans la citadelle de Verdun.

Le 10 novembre 1920, le soldat Auguste Thin, du 132e régiment d’infanterie, fils d’un combattant tué à la guerre, est chargé de déposer un bouquet d’oeillets rouges et blancs sur le cercueil qui sera acheminé à Paris. Le jeune homme de 21 ans racontera plus tard avoir choisi le sixième cercueil en additionnant les 3 chiffres de son régiment.


Le 11 novembre 1920, à l’occasion du deuxième anniversaire de l’Armistice, le cercueil est déposé dans une des salles de l’Arc de Triomphe aménagée en chapelle ardente. Le soldat inconnu est inhumé au centre de l’arche principale, face aux Champs-Elysées, le 28 janvier 1921.

La flamme du souvenir est allumée pour la première fois le 11 novembre 1923 par André Maginot, ministre de la Guerre, au son de la Marche funèbre de Chopin. Elle ne s’est jamais éteinte depuis cette date.

La France n’est pas la seule à rendre ainsi hommage à ses morts. « Les funérailles nationales d’un combattant non identifié sont célébrées par tous les anciens belligérants », écrit l’historienne Annette Becker dans l' »Encyclopédie de la Grande Guerre » (ed. Bayard). « L’anonymat garantit l’héroïsme de tous et permet le deuil de tous ».



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