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La valse des ministres et conseillers de Trump

Jim Mattis, ministre de la Défense, a annoncé jeudi sa démission, rejoignant ainsi la liste de plus en plus longue de membres ou proches de l’administration Trump qui ont quitté le navire depuis l’entrée en fonction du 45e président des Etats-Unis, en janvier 2017.

– Jim Mattis, ministre de la Défense –

Des divergences devenues insurmontables: Jim Mattis a annoncé jeudi quitter son poste, critiquant notamment la stratégie diplomatique de Donald Trump.

« Il faut traiter les alliés avec respect », a écrit le chef du Pentagone dans sa lettre de démission, alors que les relations entre le président américain et de nombreux chefs d’Etat ou de gouvernement alliés sont dégradées.

Après l’annonce mercredi du retrait prochain des troupes américaines en Syrie, cet ancien général des Marines de 68 ans était dans une position plus inconfortable que jamais, lui qui s’y était vigoureusement opposé depuis près de deux ans.

Sur Twitter, le président américain a indiqué que M. Mattis quitterait ses fonctions fin février. « Je remercie chaleureusement Jim pour son service! », a-t-il écrit.

– Ryan Zinke, ministre de l’Intérieur –

Donald Trump a annoncé, le 15 décembre, le départ de Ryan Zinke, son ministre de l’Intérieur, chargé de la gestion des parcs nationaux, des territoires fédéraux et des affaires amérindiennes.

Ryan Zinke, ancien militaire, était critiqué pour ses dépenses excessives et de possibles conflits d’intérêts. Ce dernier « quittera l’administration à la fin de l’année après une période de près de deux ans », a expliqué le président américain.

– John Kelly, secrétaire général de la Maison Blanche –

« John Kelly partira à la fin de l’année »: c’est ainsi que Donald Trump a scellé le 8 décembre, devant les journalistes, le destin de son plus proche conseiller qui avait rejoint la Maison Blanche le 31 juillet 2017.

Si le président américain assure avoir apprécié ses services, la rupture semblait consommée depuis plusieurs semaines entre les deux hommes. L’ultra-conservateur Mick Mulvaney a été nommé la semaine dernière chef de cabinet par intérim.

– Jeff Sessions, ministre de la Justice –

Jeff Sessions a démissionné « à la demande » de M. Trump en novembre. Il était la cible de critiques présidentielles depuis qu’il avait décidé en mars 2017 de se récuser de toute enquête touchant à la Russie à cause de ses rencontres avec l’ambassadeur russe en pleine campagne présidentielle.

Ancien sénateur de l’Alabama, un Etat encore très marqué par la ségrégation raciale, cet ultra-conservateur de 71 ans avait mis en place la politique anti-immigration du président, notamment la séparation des familles de migrants clandestins.


– Nikki Haley, ambassadrice à l’ONU –

Nikki Haley a annoncé début octobre sa décision de quitter son poste d’ambassadrice à l’ONU à la fin de l’année. Aucune explication claire n’a été fournie sur l’annonce surprise du départ de cette fille d’immigrés indiens au caractère affirmé, devenue la femme la plus en vue du gouvernement. A 46 ans, cette ex-gouverneure de la Caroline du Sud a promis de faire campagne pour la réélection du président en 2020. Donald Trump a annoncé le 7 décembre qu’elle serait remplacée par la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert.

– Scott Pruitt, ministre de l’Environnement –

Donald Trump avait accepté la démission de Scott Pruitt, le 5 juillet. Le dirigeant de l’agence de protection de l’environnement (EPA), qui a minutieusement détricoté le bilan environnemental de Barack Obama, était englué dans une cascade de scandales liés à son utilisation des fonds publics. Le 16 novembre, le président a laissé entendre qu’il nommerait officiellement à ce poste le ministre par intérim de l’environnement, un ancien lobbyiste des secteurs du charbon et de l’énergie, Andrew Wheeler.

– Rex Tillerson, secrétaire d’Etat –

L’ancien PDG d’ExxonMobil a été limogé de son poste de chef de la diplomatie le 13 mars, après des mois de tensions et d’humiliations de la part de M. Trump sur la stratégie diplomatique américaine, que ce soit sur l’Iran ou la Corée du Nord. Il a été remplacé par le chef de la CIA, Mike Pompeo. Donald Trump a depuis estimé que son ex-chef de la diplomatie était « bête comme ses pieds », une insulte lancée après la diffusion d’extraits d’une interview de Rex Tillerson peu flatteuse pour le président américain.

– Gary Cohn, conseiller économique –

Cet ancien patron de la banque d’investissement Goldman Sachs a quitté son poste de conseiller économique principal du président le 6 mars pour protester contre la décision du dirigeant d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium, ultime goutte d’eau après plusieurs désaccords de fond entre lui et M. Trump.

– Steve Bannon, stratège –

Le « président Bannon », comme était surnommé ce conseiller de l’ombre très influent, a joué un rôle crucial dans la dernière ligne droite de la présidentielle remportée par Donald Trump, lorsqu’il a donné un virage résolument populiste à la campagne du milliardaire.

Proche de l’extrême droite, sa cohabitation avec d’autres ténors à la Maison Blanche a tourné à la guerre interne mais, même déchu, il a assuré qu’il continuerait à se battre « pour Trump ». Il a démissionné le 18 août 2017.

– Michael Flynn et H.R. McMaster, Sécurité nationale –

Michael Flynn n’a tenu que 22 jours comme conseiller à la Sécurité nationale. Ancien chef du renseignement militaire américain très apprécié de Donald Trump, il a fait les frais, le 13 février 2017, de l’affaire russe, dont il est l’un des principaux protagonistes. Il avait été remplacé par H.R. McMaster, général trois étoiles qui a à son tour quitté ses fonctions après plusieurs mois passés dans une position très affaiblie. Il a été remplacé par le très conservateur John Bolton.



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