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L’aciérie de Saint-Saulve produit des barres d’acier depuis 40 ans

L’aciérie ex-Ascoval de Saint-Saulve (Nord) près de Valenciennes, dont l’avenir est de nouveau incertain après le placement en faillite mercredi de British Steel, produit depuis plus 40 ans des barres rondes en acier au carbone et des produits forgés, et emploie 271 personnes.

Quelque 150 millions d’euros ont été investis au cours des dix dernières années pour moderniser cette usine créée en 1975 par le fabricant de tubes Vallourec, qui en fut le propriétaire unique pendant 40 ans.

Le site, de 24,5 hectares, comporte un four à arc électrique de 90 tonnes. C’est ce four qui permet la production d’acier à partir de la fusion de ferrailles.

L’usine compte d’autres équipements, notamment un four d’affinage et un atelier de forgeage. La capacité de production est de 350.000 tonnes par an en trois équipes, et jusqu’à 500.000 tonnes par an en feu continu.

Appelés « ronds de coulée continue », les barres d’acier ont un diamètre pouvant varier de 18 à 32,5 centimètres, avec une longueur allant de 3,80 à 12,40 mètres.

Ces barres, une fois percées, découpées ou laminées, deviennent des tubes ou des éléments utilisés dans le bâtiment, les travaux publics et les transports, notamment sous forme de rails.

Le plan de reprise de l’aciérie de Saint-Saulve prévoit d’ailleurs notamment de fournir l’usine lorraine d’Hayange (Moselle) pour la production de rails pour la SNCF.

Vallourec avait fait de Saint-Saulve un site intégré, avec à l’époque une tuberie alimentée par les barres qui y étaient produites.


L’usine fabrique aussi des produits forgés à partir de ces barres. La production 2018 s’est élevée à 208.000 tonnes, indique Ascoval sur son site.

Le chiffre d’affaires 2017 a atteint 135 millions d’euros.

En février 2016, Vallourec, centré sur l’industrie pétrolière et gazière et les centrales électriques, avait annoncé la fermeture du laminoir de Saint-Saulve à l’horizon d’un an.

Un an plus tard, le groupe Ascométal était devenu actionnaire de l’usine à hauteur de 60%, donnant naissance à Ascoval. Mais le répit n’avait duré que quelques mois: en novembre 2017, Ascométal était placé en redressement judiciaire.

Plusieurs offres de rachat ont ensuite été déposées, par des candidats tour à tour suisse, espagnol, ou franco-belge comme Altifort. Jusqu’à l’option de la dernière chance et la reprise le 15 mai dernier du site de Saint-Saulve par Olympus Steel, filiale à 100% du fonds d’investissement britannique Greybull Capital.

British Steel a été créé il y a trois ans avec le rachat des activités européennes de produits longs de l’indien Tata Steel par Greybull Capital. Le groupe a mis l’accent sur les produits longs dont la demande est forte, notamment dans le secteur ferroviaire et de la construction. La SNCF et Network Rail, le propriétaire du réseau britannique, sont parmi ses clients les plus importants.

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