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L’arrestation d’un leader de l’opposition en couverture des journaux camerounais

L’arrestation, la veille au soir dans la métropole économique, Douala, du président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition), Maurice Kamto et de cadres du parti, fait les choux gras des journaux camerounais parus mardi.«Ils ont arrêté Maurice Kamto» ; «Maurice Kamto arrêté par la police à Douala» ; «Kamto aux arrêts», titrent respectivement Le Jour, Émergence et InfoMatin, chacun y allant de son petit détail croustillant pour relater la traque policière dont ont fait l’objet, toute la journée, le leader politique et des alliés.

Pour L’Anecdote, c’est «la clique des vandales» qui a été interpellée, après un week-end de folie et de sauvagerie dans et en dehors du territoire national.

C’est la confusion autour de Maurice Kamto, constate Mutations alors que, pour son confrère de langue anglaise The Guardian Post, c’est une forte tempête qui commence à se lever pour balayer le régime de Biya.

Selon cette publication en effet, le Front social démocratique (SDF), premier parti de l’opposition parlementaire, annonce une coalition avec le MRC en vue de l’organisation de manifestations anti-Biya, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, alors qu’au même moment les caciques du régime, totalement paniqués, tentent de distiller une rhétorique anti-Kamto en diabolisant cet opposant.

Sommes-nous partis pour un engrenage infernal insurrection-répression entre le MRC et le pouvoir ? s’interroge Tribune d’Afrique. Pour Le Quotidien, par contre, la solution au bras de fer passe par la dissolution urgente du MRC, qui a franchi la ligne rouge à travers le saccage de certaines représentations diplomatiques du pays en Occident.

Le Point Hebdo, qui le qualifie de «nullard», estime que Maurice Kamto et les siens ont trahi le peuple camerounais, eux qu’on attendait pour donner la réplique au régime de Yaoundé, et qui se singularisent par des méthodes visant à mettre le pays à feu et à sang, le leader politique étant par ailleurs considéré non pas comme un homme politique, mais davantage comme «un vandale sectaire, dont la nation camerounaise ne retiendra rien de bon».

«Les Camerounais maudissent Kamto», renchérit L’essentiel : colère, irritation, condamnation, sanction, indignation, dénonciation sont, entre autres, les sentiments qui animent les Camerounais depuis la soirée du 26 janvier 2019 désormais gravée dans les esprits comme celle où des personnes, sans foi ni loi, se réclamant du MRC, ont mis à sac les représentations permanentes du Cameroun à Paris et Berlin.

Ces dernières exactions viennent compléter un tableau idéal et fort riche où figuraient déjà, pour l’étranger, les agressions du chef de l’État dans les hôtels internationaux, les pressions exercées sur la société civile et l’opinion internationale aux fins d’un noircissement maximal. Et le retrait de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football 2019 au pays n’y était qu’une modeste répétition générale, un bon prétexte pour faire monter la tension.


«Au fait, pourquoi a-t-on tant cette impression désagréable d’entendre toujours la même voix, proposant la même voie ? A l’intérieur du pays, la sinistre mise en scène n’est pas moins ubuesque qui prend différentes noms de code ; entre autres, la justice populaire, les désordres urbains, l’incivisme sous toutes ses formes, l’exaltation de la tribu des élus, etc. Assurément, d’hier à aujourd’hui, la voix monocorde montre l’unique voie. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas arriver au seul résultat qui s’impose et pose la question du Cameroun aujourd’hui.»

Les casses dans les ambassades du Cameroun son inacceptables ! tranche le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, qui a recueilli les réactions indignées de la classe politique locale ainsi que des représentants de la diaspora.

S’agissant particulièrement de l’ambassade du Cameroun à Paris, et sous le titre «La France au box des accusés», Mutations reproche aux autorités hexagonales de n’avoir pas renforcé le dispositif sécuritaire, malgré l’alerte, quatre jours plus tôt, des responsables diplomatiques camerounais.

Par delà le MRC et les actes de vandalisme qu’on lui attribue à l’étranger, il s’agit aussi d’un procès contre la France : «Sur place au Cameroun, nombreux sont ceux qui se demandent comment ces manifestations d’une rare violence ont pu se dérouler pendant des heures en plein Paris, quand ils ne soupçonnent pas simplement la France de connivence avec les casseurs. Ils pensent que les forces françaises du maintien de l’ordre n’ont rien fait, du moins ont réagi sur le tard, pour empêcher la mise à sac de l’ambassade. Plus grave, aucun cas d’arrestation signalé officiellement après ces événements, pas même un communiqué des officiels français en lien avec ceux-ci.»

Maurice Kamto, réagissant aux accusations du gouvernement le rendant responsable du désordre, a affirmé, relaie InfoMatin, que lesdites déclarations «sont infondées et sans rapport avec les faits sur le terrain», et qu’elles procédaient «d’une construction qui vise à incriminer le MRC dans un dessein inavoué», aucun trouble à l’ordre public, encore moins des voies de fait n’ayant été enregistrés de la part de ses manifestants, les marches s’étant «déroulées dans la paix, sans résistance aucune devant les forces publiques ni atteinte aux biens d’aucune sorte».

«Nous n’avons pas peur des représailles», a confié à Émergence, peu avant son arrestation, le trésorier national de la formation, Alain Fogue Tedom, expliquant non seulement qu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs, mais également que la résistance, face à un régime autocratique et qui réprime les moindres libertés individuelles, est la seule voie de salut pour le Cameroun.


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