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L’Avenue Franchet d’Esperey, le QG des commerçants Sénégalais d’Abidjan Plateau

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Installés depuis quelques décennies à l’Avenue Franchet d’Esperey, au Plateau, le Centre des Affaires d’Abidjan, les commerçants Sénégalais, ont érigé cette artère comme leur quartier général à quelques encablures des tours administratives.Moustapha Mbaye, 32 ans, résident à Treichville, une cité au Sud d’Abidjan, abritant une forte communauté de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dont un grand nombre de Sénégalais, vend au Plateau des montures et des verres depuis trois ans.

« Ca va par la grâce de Dieu », affirme Moustapha, qui ne se plaint pas de ses revenus qui couvrent ses charges, pour lui, son épouse, ses deux enfants et lui permettent d’envoyer parfois de l’argent au pays. Né en Côte d’Ivoire, il a cependant grandi au Sénégal, avant de venir auprès des siens en Côte d’Ivoire.  

 Entré dans ce métier par le biais de ses frères biologiques, exerçant dans le secteur de la lunetterie et de l’optique, il y a près de 20 ans, Moustapha Mbaye, est aujourd’hui intégré dans le réseau de vente de lunettes. Ancré dans la culture locale, il trouve les Ivoiriens « très gentils ». 

Le débat de la fraude sur la nationalité, indexant les étrangers, à l’approche de la présidentielle de 2020, semblent ressurgir. « Quand on entend cela, ça nous dérange un peu », dit-il. En dépit de ce fait, l’aventure est bien engagée pour Moustapha dans ce pays.   

Sur l’Avenue Franchet d’Esperey, chacun se bat pour assurer sa pitance quotidienne. Les Sénégalais, présents dans le pays depuis l’ère coloniale, se sont positionnés sur le segment de l’optique et la bijouterie. Parfois, les relais sont faits aux progénitures qui perpétuent l’activité.   

Amy Gueye Colle, 27 ans, dont le père exerce dans la vente des verres pharmaceutiques, apprend auprès des offices de son géniteur. « On s’accroche », lance cette jeune femme qui y travaille depuis huit ans. Suite aux consultations faites par son père, Amy se charge de commander les verres.  

Arrivée en Côte d’Ivoire après la crise postélectorale ivoirienne, en 2011, Amy Gueye compte, bientôt,  une présence de près de huit ans sur l’Avenue Franchet d’Esperey. Joviale, elle apprécie l’activité de ce secteur, qui « se passe très bien ».  


Plusieurs Sénégalais sont d’ailleurs présents dans le secteur de la lunetterie, au Plateau comme sur des marchés à Abidjan et à l’intérieur du pays. Ils sont notamment réputés pour leur manière de faire le « Tchèpe », une sorte de riz gras. A côté de cette expertise, des Sénégalais évoluent dans la bijouterie.  

La Côte d’Ivoire est un pays « super », confie Amy Gueye appréciant les Ivoiriens qui selon elle sont « gentils » surtout avec les Sénégalais. « Ils nous aiment mais nous aussi on les aime », rapporte la jeune femme qui se dit heureuse de l’arrivée de Macky Sall à Abidjan, en vite du 20 au 22 juin 2019.  

Mohammed Gueye, 40 ans, lui, vend aussi des montres et des bijoux, des domaines où l’on enregistre une forte concentration de Sénégalais en Côte d’Ivoire. Jouant souvent au vendeur ambulant, il y trouve son compte dans ce métier qu’il exerce avec ses frères depuis 2007 après son arrivée dans le pays. 

Père de cinq enfants, Mohammed Gueye, trouve la Côte d’Ivoire un pays « merveilleux ». Lancé dans ce commerce auprès de ses frères, il estime que « ça va, mais ces deux jours-là, tout est au ralenti » car la clientèle manque, tout en rassurant que les jours à venir seront radieux.    

 



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