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Le Brésil à J-1 de l’avènement de l’ère Bolsonaro

Les préparatifs pour les festivités du Nouvel An battent leur plein au Brésil, mais à Brasilia, les autorités étaient occupées lundi à peaufiner les derniers détails de l’impressionnant dispositif de sécurité de l’investiture mardi du président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

« La fête est prête. La sécurité sera assurée. Ce sera le couronnement d’un processus démocratique qui a débuté le 7 octobre (le jour du premier tour de la présidentielle) », a affirmé dimanche soir le ministre du Cabinet de sécurité institutionnelle, Sergio Etchegoyen.

À partir du 1er janvier, l’arrivée au pouvoir de l’ex-capitaine de l’armée marquera un virage radical pour la première puissance d’Amérique Latine, aussi bien sur le plan de l’économie que de la diplomatie ou des questions de société.

Personnage clivant, chantre de la dictature militaire (1964-1985) et volontiers raciste, machiste ou homophobe, Jair Bolsonaro, 63 ans, aura pour défi d’unir un pays profondément divisé par une campagne délétère, notamment sur les réseaux sociaux.

– Netanyahu et Orban –

Le 6 septembre, l’ancien parachutiste a frôlé la mort lors d’un attentat à l’arme blanche en plein bain de foule.

C’est pourquoi mardi rien ne sera laissé au hasard: système antimissile, avions de chasse, hélicoptères survolant le centre de cette ville futuriste en forme d’avion inaugurée au début des années 1960.

Un dispositif sans précédent pour une investiture, qui n’a rien à envier à celui du Mondial-2014 ou des jeux Olympiques de Rio-2016.

Dimanche, une répétition générale de cette cérémonie a eu lieu sur l’Esplanade des ministères, qui doit accueillir mardi de 250.000 à 500.000 personnes, selon les dernières estimations officielles.

Tous les accès à la zone sont déjà interdits à la circulation et les piétons ne pourront pas apporter de sac à dos, de parapluie, ni même de poussette.

Pas de quoi doucher l’enthousiasme des partisans du président d’extrême droite, qui ont commencé à affluer tout au long de la semaine dernière, arborant pour la plupart des maillots jaunes et verts de l’équipe nationale de football.

« Je ne veux pas en rater une miette. Je n’ai jamais été fan de personne, pas même de chanteurs, mais j’adore Bolsonaro », a déclaré à l’AFP Maria do Carmo Mustafa, enseignante de 62 ans venue de Piracaia, petite ville située à 90 km de Sao Paulo (sud-est).

Les autorités n’avaient toujours pas confirmé lundi si Jair Bolsonaro et sa femme Michelle salueraient la foule à bord d’une Rolls-Royce décapotable, comme le veut la tradition.

Le dispositif de sécurité concerne aussi les dirigeants étrangers présents, notamment le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.


Au Brésil depuis vendredi, il a déjà eu un tête-à-tête avec M. Bolsonaro le jour même, à Rio de Janeiro.

« Ensemble, avec d’autres pays comme les Etats-Unis, qui ont une idéologie semblable à la nôtre, nous avons tout pour nous entraider et apporter des bienfaits à nos pays », avait déclaré le président élu du Brésil, fervent admirateur de Donald Trump, à l’issue de cette rencontre.

Autre dirigeant à l' »idéologie semblable », le Premier ministre hongrois ultra-conservateur Viktor Orban sera également de la fête.

Trump lui-même ne sera pas à Brasilia, et il a envoyé son Secrétaire d’Etat Mike Pompeo, qui doit s’entretenir mardi avec M. Netanyahu.

– Mesures choc –

Une fois investi en grande pompe pour un mandat de quatre ans, le 38e président de la République du Brésil devrait rapidement prendre des mesures choc.

Lundi, il a réaffirmé sur Twitter vouloir libérer l’enseignement des « déchets marxistes ».

Samedi, il avait dit sur Twitter qu’il entendait faire passer un décret pour garantir le droit de posséder une arme à domicile pour tout citoyen sans casier judiciaire, une décision qui assouplirait considérablement la législation actuelle.

Même si Jair Bolsonaro entend faciliter l’accès aux armes pour que les « gens bien » puissent se faire justice face à la violence qui frappe le pays, sa position est loin de faire l’unanimité.

Un sondage publié lundi par l’institut Datafolha indique que 61% des Brésiliens sont opposés à la détention d’armes par la population, contre 55% lors de la dernière enquête de ce type, en octobre.

Autre défi de taille pour le gouvernement Bolsonaro: redonner des couleurs à une économie qui tourne encore au ralenti après la récession historique de 2015 et 2016.

Le futur ministre de l’Économie Paulo Guedes, un ultra-libéral, a prévu de privatiser à tour de bras pour remplir les coffres publics. Mais il aura également besoin du soutien du Parlement pour faire passer l’épineuse réforme des retraites jugée cruciale par les marchés.



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