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Le Cambodge promet de poursuivre en justice les appels à boycotter l’élection

Ceux qui oseront appeler à boycotter les élections législatives du 29 juillet au Cambodge risqueront des poursuites judiciaires, a mis en garde mardi la commission électorale alors que l’opposition, en exil, appelle à bouder les urnes.

« Nous prendrons des actions légales contre eux », a menacé le chef de la commission, Tep Nypha, interrogé par un journaliste sur les appels au boycott, « quand il y a délit, les autorités doivent s’en charger ».

Ceux-ci circulent en effet sur les réseaux sociaux, avec notamment une campagne dite du « doigt propre » (« clean finger »). Le processus électoral au Cambodge prévoit en effet que les électeurs ayant voté trempent leur doigt dans l’encre après avoir déposé leur bulletin dans l’urne, afin d’éviter que certains ne votent plusieurs fois.

La menace du chef de la commission électorale n’est pas légère dans ce pays où le chef du principal parti d’opposition, Kem Sokha, a été mis en prison au motif qu’il fomentait une révolution avec le soutien de Washington.

« Nous devons protéger les intérêts de l’élection, du peuple et de la démocratie », a insisté le chef de la commission électorale, pour justifier ses menace de représailles.

Il les a exprimées lors d’une conférence de presse présentant le matériel d’encrage qui sera utilisé dans les bureaux de vote. Plus de 50.000 bouteilles d’encre ont été achetées en Inde, pour plus de 680.000 euros.


La « réaction disproportionnée » à ces appels au boycott de la part d’un régime, qui « contrôle tout » et est assuré de gagner, est révélateur de sa « peur » irrationnelle, a réagi Andrea Girogetta, représentant en Asie de la Fédération internationale des droits de l’Homme (Fidh).

La principale formation d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), a été dissoute et la plupart des opposants vivent en exil pour échapper à des poursuites. Le parti au pouvoir (CPP) est donc assuré de remporter le scrutin, mais le régime essaye de mobiliser les électeurs, afin d’éviter que les bureaux de vote soient vides, faute d’enjeu.

Hun Sen se présente comme le Père de la Nation, seul à même de maintenir la stabilité, dans ce pays qui reste traumatisé par le régime des Khmers rouges dans les années 1970, qui a vu mourir un quart de la population.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont suspendu leur assistance à l’organisation des législatives, après la dissolution du CNRP.


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