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Le candidat de Trump, favori pour l’agence des migrations de l’ONU?

L’agence de l’ONU pour les migrations élit vendredi son directeur général, un poste toujours occupé par un Américain, à une exception près depuis la création de l’institution, mais cette année, le candidat des Etats-Unis, choisi par Donald Trump, suscite la controverse.

L’élection de Ken Isaacs, désigné par Washington pour prendre la tête de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence dont les Etats-Unis sont l’un des principaux contributeurs, ne semble en effet pas garantie, au vu de certains de ses propos polémiques sur les musulmans.

D’autant que sur l’épineux dossier des migrations, l’administration Trump fait justement l’objet de vives critiques de l’ONU, pour son interdiction permanente d’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de six pays, pour la plupart à majorité musulmane, et pour sa récente décision de séparation des enfants de migrants entrés illégalement sur le territoire américain. Une politique désormais abandonnée après un déluge de critiques.

Accusé d’être anti-musulman et climato-sceptique – alors que de nombreuses migrations sont liées à des facteurs climatiques – M. Isaacs a choisi de faire face aux critiques et assuré à l’AFP qu’il ne prenait « jamais » en compte la foi des personnes dans le besoin.

L’élection s’annonce longue, a d’ores et déjà annoncé un porte-parole de l’OIM, Leonard Doyle, sans pour autant préciser pourquoi.

Le nom du futur patron de l’OIM, organisation qui ne cesse de défendre l’apport que représentent les migrations pour les différents pays du monde, ne devrait être connu qu’en début de soirée, a-t-il dit.

Il succèdera à l’Américain William Lacy Swing, qui a effectué deux mandats de 5 ans à la tête de l’OIM après avoir été le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) de mai 2003 à janvier 2008.

– Bulletin secret –

M. Isaacs est opposé à deux autres candidats, l’une du Costa Rica, Laura Thompson, actuelle directrice adjointe de l’OIM, et l’autre du Portugal, Antonio Vitorino, ex-commissaire européen à la Justice.

Le poste de directeur a été occupé depuis 1951 par un Américain, avec une seule exception dans les années 1960: le Néerlandais Bastiaan Haveman.


L’élection du futur patron de l’OIM par les 172 Etats membres de l’organisation se fait à bulletin secret et nécessite les deux tiers des votes.

Si aucun candidat n’obtient cette majorité au premier tour, de nouveaux tours sont organisés. Après le 3e tour, seuls les deux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix peuvent rester en course.

Reste à savoir si le candidat de l’administration Trump aura su convaincre assez de pays, car comme le soulignait un ancien candidat canadien à la direction générale, Sergio Marchi: « aucun pays ne possède l’OIM ».

Choisi début février, M. Isaacs, ancien vice-président de l’ONG humanitaire chrétienne Samaritan’s Purse (Bourse du Samaritain), a eu fort à faire ces derniers mois après que le Washington Post a publié une série de commentaires antimusulmans, postés entre 2015 et 2017 mais retirés depuis, sur les réseaux sociaux.

Dans des tweets, Ken Isaacs affirmait par exemple que le Coran « ordonne » aux musulmans de commettre des actes de violence et suggérait que les réfugiés chrétiens devraient avoir la priorité sur eux, exprimant des doutes sur le fait que l’islam soit une religion de paix.

M. Isaacs a exprimé ses « regrets » pour ces commentaires « imprudents » et le Département d’Etat a jugé « approprié » qu’il présente ses excuses.

Dans un courrier à l’AFP, il a aussi fait valoir son passé de travailleur humanitaire pendant plus de 30 ans dans des régions difficiles comme la Somalie, le Soudan du Sud et l’Afghanistan.

Les détracteurs de Ken Isaacs ont également ressorti un message posté sur Facebook dans lequel il qualifiait le lien entre sécurité nationale et changement climatique de « plaisanterie ».

Interrogé par l’AFP sur le lien entre migration et changement climatique provoqué par l’homme – reconnu par l’OIM -, M. Isaacs a répondu: « J’ai constaté de mes propres yeux comment les conditions météorologiques, les sécheresses, les mauvaises récoltes, la désertification, les ouragans et les typhons (…) déclenchaient les migrations. »



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