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Le glyphosate, interdit ou condamné dans un nombre croissant de pays

Le glyphosate, dont le parlement autrichien a approuvé mardi une interdiction totale, est le désherbant le plus utilisé à l’échelle mondiale mais fait l’objet de controverses, d’interdictions et de condamnations dans un nombre croissant de pays.

Classé comme « cancérigène probable » depuis 2015 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le glyphosate est utilisé sous diverses marques depuis que le brevet détenu par l’américain Monsanto est tombé dans le domaine public en 2000.

La plus célèbre de ces marques reste le Roundup, que Monsanto commercialise depuis 1974. Le groupe américain appartient depuis 2018 au géant allemand de la chimie Bayer qui, face aux attaques, affirme que le glyphosate est « sûr et non cancérigène ».

– EUROPE –

L’Autriche est le premier pays européen à interdire totalement le glyphosate après l’approbation, mardi, par son Parlement d’un amendement bannissant l’herbicide « au nom du principe de précaution ». Les opposants au texte jugent cette interdiction contraire à la règlementation européenne.

Après deux ans de débats houleux, les Etats membres de l’Union européenne (UE) ont en effet autorisé le glyphosate en novembre 2017 pour cinq ans supplémentaires.

La Commission européenne, organe exécutif de l’Union, avait alors mis en avant le feu vert de ses agences scientifiques, l’Efsa (sécurité des aliments) et l’Echa (produits chimiques) qui n’ont pas classé la substance comme cancérigène.

Mais l’indépendance de l’Efsa a ensuite été mise en doute par des révélations de journaux selon lesquels son rapport comporterait des passages copiés/collés d’un document de Monsanto.

En France, le gouvernement a promis que le glyphosate serait interdit « dans ses principaux usages » d’ici 2021 et « pour tous les usages » d’ici cinq ans. Son usage y est déjà restreint, interdit depuis début 2019 pour les non professionnels comme pour les jardiniers amateurs et banni depuis 2017 pour les espaces verts publics.

L’usage de ce désherbant est également limité en République Tchèque depuis début 2019. En Italie, son usage est interdit depuis 2016 dans les zones fréquentées par la population. Aux Pays-Bas, il est interdit de l’utiliser sur les revêtements et l’asphalte depuis 2016.

– ETATS-UNIS –

Des milliers de procédures judiciaires contre Monsanto sont en cours aux Etats-Unis et le fabricant du Roundup a déjà essuyé trois lourds revers devant des tribunaux californiens.


Le dernier procès s’est soldé à la mi-mai par la condamnation de Monsanto à verser deux milliards de dollars à un couple de septuagénaires atteint d’un lymphome non-hodgkinien attribué au Roundup.

Avant cela, Monsanto avait été condamné, en août 2018 et en mars 2019, par des jurys populaires à San Francisco (ouest) qui avaient considéré que le Roundup était responsable de cancers.

Fin avril 2019, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a réaffirmé que le glyphosate n’était « probablement pas cancérigène pour les humains » mais a recommandé un nouvel étiquetage pour réduire les risques écologiques.

– ASIE –

Au Sri Lanka, l’herbicide, soupçonné de provoquer une nouvelle maladie des reins parmi les habitants des zones de production de riz, a été interdit en juin 2015 à la suite d’une promesse électorale du président Maithripala Sirisena.

Mais face à l’absence d’études associant directement le glyphosate à la « maladie rénale chronique », l’interdiction a été ensuite partiellement levée en mai 2018 avec une autorisation d’utilisation dans les plantations de thé et d’hévéa.

En avril 2019 le Vietnam, invoquant la « toxicité » des produits contenant du glyphosate et leur impact sur l’environnement et la santé, a officiellement annoncé leur retrait des listes de produits approuvés dans le pays.

– AMERIQUE LATINE –

Le président colombien Ivan Duque a demandé en mars 2019 la reprise des pulvérisations aériennes de glyphosate bannies par la Cour constitutionnelle depuis 2015 afin de faire face à une hausse record des narco-plantations.

Au Brésil, la justice avait demandé en 2015 à l’Agence nationale de surveillance sanitaire (Anvisa) une évaluation du glyphosate en vue d’une éventuelle interdiction. Mais l’Agence a conclu en février 2019 qu’il ne présentait pas de risque pour la santé humaine.

Au Salvador, l’herbicide a fait partie d’une liste de 53 produits pour l’agriculture interdits en 2013. Mais l’interdiction du glyphosate a ensuite été levée.



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