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Le gouvernement Merkel IV en sursis

En cédant début décembre les rênes de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) qu’elle tenait depuis 18 ans, Angela Merkel prend le risque d’être écartée de la chancellerie avant la fin de son mandat en 2021.

Passage en revue des menaces qui pèsent sur l’avenir de la chancelière.

– Revanche

Un vieux rival, Friedrich Merz, a de bonnes chances d’emporter la présidence du parti conservateur.

Cet homme d’affaires et millionnaire assure n’avoir aucune rancœur contre celle qui l’a évincé de la tête du groupe parlementaire de la CDU en 2002 et affirme vouloir soutenir Angela Merkel jusqu’en 2021. Mais personne ne le croit.

Son caractère impulsif, son rejet global de la politique de la chancelière, et son âge (déjà 63 ans) vont aussi l’encourager à forcer le destin.

« Merkel sait à quelle vitesse son mandat de chancelière peut arriver à son terme si Merz s’empare » de la CDU, souligne Der Spiegel.

Pour espérer rester à la chancellerie, Mme Merkel devra tabler sur la victoire d’une proche, la secrétaire générale du parti Annegret Kramp-Karrenbauer. Car le troisième candidat, Jens Spahn, un jeune loup ambitieux, n’a jamais caché son animosité envers la chancelière.

– Échéances électorales

L’autre grande menace pour le gouvernement Merkel IV est le scrutin européen des 23 et 26 mai, qui risque de se solder de nouveau camouflet pour les grands partis traditionnels de la fragile « grande coalition » au pouvoir entre CDU et parti social-démocrate (SPD).


En cas de gifle, le parti d’Angela Merkel pourrait cette fois-ci vouloir la voir passer la main afin de donner aux conservateurs des chances de se ressaisir pour les élections régionales prévues à l’automne dans trois régions de l’ex-RDA: la Saxe, le Brandebourg et la Thuringe, des bastions du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Si la chancelière survit aux européennes, un mauvais score aux régionales pourrait bien sceller son sort.

– SPD en déshérence

Pour Eckhard Jesse, politologue à l’Université de Chemnitz, voir Angela Merkel rester jusqu’en 2021 est « quasi exclu, car le SPD ne restera pas dans la coalition jusque-là ».

Le plus vieux parti d’Allemagne n’est entré qu’à contrecoeur dans le gouvernement de Mme Merkel, lui qui voulait se ressourcer dans l’opposition après une claque aux législatives de 2017. Mais les camarades se sont finalement embarqués dans une nouvelle alliance avec les conservateurs afin d’éviter au pays de nouvelles élections.

Après de multiples crises gouvernementales et des sondages catastrophiques plaçant le SPD derrière les écologistes et l’AfD, beaucoup de sociaux-démocrates voient aujourd’hui leur seule chance de salut en dehors du gouvernement.

Mais quand partir? Une solution serait après les européennes. Ou alors le SPD pourrait activer sa clause de sortie du contrat de coalition à mi-législature, soit à l’automne 2019.

Un tel départ signerait la fin de Merkel. Charge alors au successeur de la chancelière de former une autre coalition ou d’aller vers des législatives anticipées.



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