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Le Kosovo rapatrie une centaine de proches de jihadistes, Washington applaudit

Le Kosovo a annoncé samedi le rapatriement de Syrie de 110 de ses ressortissants, en quasi totalité des épouses ou des enfants de jihadistes du groupe Etat islamique (EI), une opération inédite en Europe par son ampleur.

Quatre hommes, soupçonnés d’avoir combattu avec l’EI, étaient également dans l’avion qui s’est posé dans la nuit sur l’aéroport de Pristina. Ils ont été inculpés dès samedi pour avoir participé à des conflits à l’étranger, a indiqué aux médias le chef du parquet, Aleksander Lumezi. Parmi les autres passagers se trouvaient 32 femmes et 74 enfants, a précisé le gouvernement.

Dans un communiqué, l’ambassade des Etats-Unis à Pristina a « salué le Kosovo » après ces rapatriements qui établissent « un exemple important et à suivre » pour la communauté internationale.

« Nous applaudissons la compassion » dont ont fait preuve les autorités kosovares « en acceptant le retour de ce grand nombre de civils », a poursuivi l’ambassade américaine.

Le Kosovo, à 90% musulman, est en proportion de sa population (1,8 million), le pays européen ayant fourni le plus fort contingent de combattants jihadistes en Irak et en Syrie.

Le rapatriement de proches de jihadistes a suscité des controverses dans plusieurs pays. Egalement très touchée par le phénomène, la France avait rapatrié mi-mars cinq enfants après des semaines d’atermoiements, dans un contexte d’hostilité de l’opinion publique face à de tels retour.

– Partie de football –

Selon les estimations, quelque 300 Kosovars sont allés combattre en Syrie et en Irak. Environ 70 y auraient perdu la vie, tandis qu’environ 120 en sont revenus pour être la plupart du temps emprisonnés. Une trentaine de combattants, 49 femmes et huit enfants kosovars, seraient toujours en Syrie, a précisé samedi le chef de la police kosovare Rashit Qalaj.

Proche allié des Etats-Unis, le Kosovo a durci en 2015 sa législation en prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison pour ses ressortissants qui combattent à l’étranger.

Les civils rapatriés « méritent une réhabilitation et l’espoir d’une vie paisible et loin des conflits », a déclaré aux médias kosovars le ministre de la Justice Abelard Tahiri. Le président Hashim Thaçi a appelé sur Facebook leur entourage à « les aider à réintégrer notre société aussi vite que possible ».


Dans un premier temps, ils ont été conduits au centre de rétention de Vranidoll, près de Pristina, d’ordinaire réservé aux migrants et gardé par la police. Des journalistes de l’AFP ont pu y voir des enfants jouer au football samedi en milieu de journée.

Le directeur national de la Santé publique du Kosovo, Naser Ramadani, a annoncé que ces personnes, qui ont été conduites samedi dans un camp de réfugiés, allaient passer des examens médicaux. « Les femmes et les enfants ont subi de graves traumatismes », a-t-il dit.

Nul ne connaît avec certitude le nombre d’enfants de jihadistes étrangers bloqués en Syrie. L’ONG Save The Children a évoqué un chiffre de plus de 3.500 originaires d’une trentaine de pays dans les camps de déplacés.

– Retour d’un jihadiste bosnien –

De son côté, la Bosnie-Herzégovine a annoncé samedi le rapatriement d’un jihadiste. Une source du parquet à Sarajevo ayant requis l’anonymat a précisé à l’AFP qu’il s’agissait d’Ibro Cufurovic, 24 ans, parti en Syrie en 2013. Il compte parmi les quelque 25 Bosniens recherchés par Interpol.

Le père d’Ibro Cufurovic a accusé un imam radical, ancien leader de la mouvance islamiste en Bosnie, Husein Bosnic, dit Bilal, d’avoir recruté son fils.

Bosnic a été condamné en 2015 à sept ans de prison pour avoir encouragé ses adeptes à aller combattre en Syrie et en Irak.

Selon diverses estimations, un millier d’islamistes des Balkans sont partis à partir de 2012 pour combattre dans les rangs du Front al-Nosra ou du groupe État islamique. L’Albanie, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie sont aussi concernés.

Quelque 200 hommes ont été tués sur le front, tandis que 300 sont revenus dans les Balkans, souvent pour y être emprisonnés.



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