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Le Kurdistan irakien, une région autonome depuis 1991

Le Kurdistan irakien, où des élections parlementaires auront lieu dimanche, est une région autonome depuis 1991 qui connaît sa pire crise économique depuis le fiasco du référendum d’indépendance il y a un an.

– Nord montagneux –

Située dans le nord montagneux de l’Irak, le Kurdistan irakien, dont la capitale est Erbil, compte environ cinq millions d’habitants, principalement des Kurdes, mais aussi une minorité de Turkmènes.

Majoritairement sunnite, avec pour langues officielles le kurde et l’arabe, la région regroupe trois provinces (Dohouk, Erbil et Souleimaniyeh).

Peuple d’origine indo-européenne, les Kurdes sont aussi établis en Turquie, en Iran et en Syrie.

– Longtemps persécutés –

La lutte nationale kurde, engagée pendant le mandat britannique, est relancée en 1961 par le Parti démocratique kurde (PDK) de Moustapha Barzani, créé en 1946.

En mars 1970, le Baas irakien concède la création d’une région kurde. Mais quatre ans plus tard, les combats reprennent après le rejet par Moustapha Barzani de ce statut.

Le PDK connaît une scission avec la création par Jalal Talabani de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), avec un programme révolutionnaire.

En 1987-1988, à la fin de la guerre Irak-Iran, le régime de Saddam Hussein lance une violente campagne contre les Kurdes, baptisée Anfal. Près de 180.000 Kurdes sont tués et plus de 3.000 villages détruits. Le régime force des milliers de Kurdes à quitter leur foyer et les « remplace » par des Arabes.

Bagdad utilise des gaz chimiques contre le village de Halabja (nord-est), tuant 5.000 personnes.

– Autonomie –

Après la défaite irakienne lors de guerre du Golfe de 1991, les Kurdes se soulèvent, mais la répression provoque un exode, poussant les Etats-Unis et leurs alliés à instaurer une zone d’exclusion aérienne pour les protéger.

Dès 1992, les Kurdes irakiens élisent un Parlement et constituent un gouvernement.

Mais en 1994, l’UPK et le PDK s’affrontent sur la question du partage des ressources du territoire. Les violences font 3.000 morts en quatre ans.


En 2003, les Kurdes s’allient aux troupes américaines dans leur guerre pour renverser Saddam Hussein. Le Kurdistan irakien se constitue en région autonome aux termes de la Constitution irakienne de 2005, qui instaure une République fédérale.

En juin, Massoud Barzani est élu président de la région par le Parlement kurde, installé quelques mois auparavant. Jalal Talabani avait été désigné en avril président de l’Irak.

– Alliés de la coalition anti-EI –

En juin 2014, les forces kurdes prennent le contrôle de la ville de Kirkouk, à la faveur du chaos créé par la percée des jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Les peshmergas (combattants kurdes) vont être un allié-clé de la coalition menée par les Etats-Unis pour repousser l’EI des zones frontalières du Kurdistan. Ils ont notamment pris part à la bataille dans la province de Ninive (nord), où se trouve Mossoul, reconquise en juillet 2017 par les forces irakiennes.

– Tentative avortée de sécession –

Le 25 septembre 2017, le Kurdistan irakien vote en faveur de l’indépendance lors d’un référendum organisé à l’initiative de Massoud Barzani contre l’avis de Bagdad et de la communauté internationale, jusque dans les zones disputées au-delà des frontières de la région autonome.

Le vote déclenche une série de représailles des autorités centrales.

Bagdad envoie ses troupes reprendre le contrôle des zones disputées où les combattants kurdes s’étaient déployés, notamment lors de la percée de l’EI.

De son côté, Massoud Barzani se dit contraint à renoncer à la présidence de la région. Depuis, le gouvernement régional est dirigé par son neveu Netchirvan Barzani et le vice-Premier ministre Qoubad Talabani, fils de Jalal Talabani décédé en octobre.

– Privé de ses revenus de pétrole –

Le Kurdistan irakien a connu un véritable boom économique après l’invasion de l’Irak en 2003, alors que le reste du pays s’enfonçait dans la violence. La percée de l’EI en 2014 a cependant porté un rude coup aux investissements.

Les importantes pertes territoriales après le référendum avorté ont mis à genoux l’économie du Kurdistan, qui a perdu les revenus du pétrole extrait de son sol et les zones disputées, notamment la région pétrolière de Kirkouk.

Bagdad a aussi imposé près de six mois de blocus aérien aux deux aéroports de la région.


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