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Le pape en Roumanie pour renforcer le dialogue avec les orthodoxes

Le pape François s’envole ce vendredi pour trois jours à travers la Roumanie, où il entend renforcer le dialogue avec l’Eglise orthodoxe majoritaire et apporter son soutien à la communauté catholique.

L’avion papal doit décoller de Rome à 08H10 (06H10 GMT) pour atterrir à 11H30 (08H30 GMT) à Bucarest, où François sera accueilli par le président roumain Klaus Iohannis.

« Je viens en pèlerin et en frère », a déclaré le pontife argentin dans un message au peuple roumain à la veille de son voyage, le 30e de son pontificat à l’étranger.

Une semaine après les élections européennes qui ont vu une nette percée des nationalistes, y compris dans la Hongrie voisine, le pape devrait aborder les questions liées aux migrations, à la pauvreté et à l’exclusion alors que 16% de la population roumaine, principalement des jeunes, a émigré depuis 2007.

« Certainement, le Saint-Père a en tête la dimension multiethnique et tous ces Roumains émigrés dans tant de pays européens », a déclaré le porte-parole du Vatican, Alessandro Gisotti.

La visite intervient aussi 20 ans après celle historique de Jean Paul II, qui avait alors été le premier pape à se rendre dans un grand pays orthodoxe depuis le schisme de 1054 entre Rome et Byzance.

Mais alors que Jean Paul II avait dû limiter son voyage à Bucarest, une condition imposée à l’époque par le patriarcat orthodoxe roumain, François a souhaité faire le tour de la « richesse ethnique, culturelle et religieuse de la Roumanie », a déclaré M. Gisotti.

Il se rendra ainsi au sanctuaire marial de Sumuleu-Ciuc (centre), surtout fréquenté par la minorité hongroise, à Iasi (nord-est), principal foyer de présence des catholiques latins de langue roumaine et enfin Blaj (centre), siège de l’Eglise gréco-catholique.

Le voyage prendra un caractère œcuménique dès vendredi après-midi: le pape doit rencontrer, en privé, le patriarche Daniel puis le synode permanent de l’Eglise orthodoxe.

Mais s’ils prieront ensuite dans la nouvelle cathédrale orthodoxe de la capitale, l’un en latin et l’autre en roumain, les deux chefs religieux ne devraient pas apparaître ensemble en public, ce qui est interprété par certains observateurs comme un signe de défiance de l’Eglise orthodoxe roumaine à l’égard du chef des 1,3 milliard de catholiques de la planète.

– Bain de foule –


« L’enjeu pour le pape est de souligner auprès de la communauté orthodoxe que l’Eglise de Rome ne veut pas latiniser, récupérer », explique à l’AFP Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Oeuvre d’Orient.

Le pape devrait prendre ensuite un bain de foule dans les rues de Bucarest en se rendant en papamobile à la cathédrale catholique Saint-Joseph, devant laquelle 30.000 personnes sont attendues pour une messe en fin de journée.

Située au carrefour de l’Europe orientale et occidentale, la Roumanie a établi des relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 1920, mais les liens ont été rompus après la Seconde Guerre mondiale avec l’arrivée des communistes au pouvoir.

Sur les 20 millions d’habitants que compte aujourd’hui le pays, 85% se déclarent orthodoxes et on recense 5,4% de catholiques, soit 1,1 million de fidèles dont 150.000 appartiennent à l’Eglise gréco-catholique (ou uniate).

A partir de 1948, cette communauté minoritaire a été intégrée de force dans l’Eglise orthodoxe et a officiellement disparu, même si des offices avaient lieu en secret.

Lors d’une dernière étape dimanche à Blaj (centre), le pape doit béatifier sept évêques uniates arrêtés, torturés et morts à l’isolement pendant cette période.

Un autre moment fort de ce voyage sera la rencontre du pape avec des jeunes et des familles sur une grande place à Iasi capitale de la Moldavie roumaine, où près de 100.000 personnes sont attendues.

« C’est l’accomplissement d’un voeu de Jean Paul II, qui souhaitait rencontrer les jeunes à Iasi en 1999 et n’avait pas pu le faire. C’est un peu une boucle que François vient refermer », a déclaré M. Gisotti.

Le pape achèvera son voyage dimanche après une rencontre avec des familles de communauté rom, qui souffre de discriminations diverses au travail, à l’école et dans l’administration.



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