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Le poids des principales forces eurosceptiques à travers l’UE

Capitales en conflit avec Bruxelles sans pour autant vouloir suivre l’exemple de Londres, partis anti-UE ou anti-euro associés au pouvoir, oppositions plus radicales: très diverses, les forces eurosceptiques pèsent lourd dans beaucoup de pays.

L’euroscepticisme n’entre pas toujours dans les clivages politiques classiques: certains partis d’extrême droite ne mettent pas en cause l’Union européenne, dont, à l’inverse, une partie de la gauche radicale souhaite se détacher.

– Royaume-Uni –

En principe, les eurosceptiques sont majoritaires au Royaume-Uni, 52% des électeurs ayant choisi le Brexit lors du référendum de 2016. Mais les vicissitudes de ce Brexit ont amené paradoxalement les Britanniques à participer le 23 mai aux élections européennes, à la veille de l’annonce de la démission de la Première ministre Theresa May. Les résultats seront connus dimanche.

Actuellement, sur les 73 eurodéputés de leur pays, sont hostiles à l’UE une bonne part des 18 conservateurs et les 24 élus en 2014 sous l’étiquette de l’Ukip (Parti de l’indépendance du Royaume-Uni).

Le fondateur de l’Ukip, Nigel Farage, maintenant à la tête d’un nouveau mouvement, le parti du Brexit, faisait la course en tête dans les sondages à la veille de la consultation.

– Pays-Bas –

Deux mouvement eurosceptiques et populistes, le Parti pour la liberté anti-islam de Geert Wilders (PVV) et le Forum pour la démocratie (FvD) de Thierry Baudet étaient en campagne pour le scrutin européen, qui, aux Pays-Bas s’est déroulé jeudi.

Selon les premières estimations, le FvD (qui n’était pas représenté dans le Parlement européen sortant) obtiendrait trois des 26 sièges néerlandais, moins que ce que lui promettaient les sondages. Et le PVV passerait de quatre à un eurodéputé.

– Hongrie –

Le Premier ministre Viktor Orban a axé sa campagne électorale pour le 26 mai sur la dénonciation des institutions européennes.

Après avoir attaqué en vain les quotas d’accueil de réfugiés devant la Cour de justice de l’UE, il fait l’objet d’une demande de sanctions du Parlement européen qui lui reproche de mettre au pas médias, justice ou université.

Son parti, le Fidesz (actuellement 11 eurodéputés sur 21) a été suspendu en mars du Parti populaire européen (droite).

– Pologne –

Le gouvernement conservateur du PiS (Parti Droit et justice), dirigé par Jaroslaw Kaczynski, (14 eurodéputés sur 51) est menacé de sanctions européennes pour non respect de l’Etat de droit, autour d’une réforme de la Cour suprême.

– République tchèque –

Nommé par un président eurosceptique et pro-russe, Milos Zeman, le Premier ministre, Andrej Babis, du parti populiste ANO (2 eurodéputés sur 21 mais près de 30% des voix aux législatives de 2017) s’est opposé à Bruxelles sur l’immigration, et risque de tomber sous le coup d’une procédure européenne pour conflit d’intérêts liée à son empire industriel.

Un parti d’extrême droite eurosceptique, le SPD (19 députés nationaux sur 200), ambitionne d’entrer au Parlement européen.

– Roumanie –

Le gouvernement social-démocrate est menacé par la Commission de sanctions pour un projet de réforme controversé du système judiciaire. Le président de la République Klaus Iohannis, un pro-européen de centre droit, a convoqué un référendum le même jour que les européennes pour s’opposer à cette réforme.

L’homme fort du Parti social-démocrate est l’ex-Premier ministre Liviu Dragnea, dont la condamnation à trois ans et demi de prison pour fraude électorale doit être confirmé ou infirmé en appel au lendemain du scrutin.

– Italie –

Le gouvernement populiste s’est vivement opposé à la plupart de ses partenaires en fermant ses côtes aux arrivées de migrants et a livré un bras de fer – conclu par un compromis – avec la Commission sur un budget 2018 en dehors des clous.


Ses deux composantes, la Ligue de Matteo Salvini (six eurodéputés sur 73) et le Mouvement 5 Etoiles de Luigi di Maio (actuellement 11 eurodéputés), ont bâti leur succès sur un discours anti-migrants et anti-UE, tout en renonçant à prôner un retrait de la zone euro.

– Autriche –

Le parti d’extrême droite eurosceptique FPÖ est frappé de plein fouet par un scandale qui a entraîné la chute de la coalition qu’il formait avec les conservateurs. Tous les ministres du FPÖ ont démissionné lundi, emportés par une sulfureuse vidéo où le leader nationaliste Heinz-Christian Strache était disposé à se compromettre avec la Russie. Celui-ci a dû rendre tous ses mandats, y compris celui de vice-chancelier.

Très dur contre l’immigration, le FPÖ (trois eurodéputés sur 18) a mis en sourdine sa revendication d’une sortie de l’UE et de l’euro.

– Danemark –

Le Parti populaire danois (3 eurodéputés sur 13), formation anti-migrants qui envisage à terme une sortie de l’UE, soutient, sans y participer, le gouvernement minoritaire de centre droit.

– Estonie –

Le parti eurosceptique d’extrême droite EKRE, qui a fait une percée aux législatives du 3 mars alors qu’il ne dispose d’aucun eurodéputé, siège depuis le 24 avril dans le gouvernement dirigé par le centriste Juri Ratas.

– Portugal –

Le bloc de gauche, qui envisage la sortie de l’euro mais pas de l’UE, et le Parti communiste, pour la sortie de l’euro et éventuellement de l’UE, soutiennent le gouvernement socialiste, sans y participer. Ces deux formations comptent quatre eurodéputés portugais sur 21.

– Finlande –

Le parti des Vrais Finlandais (2 eurodéputés sur 13), pour la sortie de l’euro mais qui avait mis en sourdine son programme anti-européen lorsqu’il participait au gouvernement entre 2015 et 2017, a remporté un grand succès lors des législatives du 14 avril.

Avec un discours anti-immigration et climato-sceptique, il est arrivé en deuxième position derrière les sociaux-démocrates.

– France –

Le Front national (une quinzaine d’eurodéputés sur 74) s’est rebaptisé Rassemblement national, atténuant le discours anti-européen de la campagne présidentielle de 2017, tout en maintenant son discours anti-migrants. Il est concurrencé par d’autres mouvements comme Debout la France ou les Patriotes (deux eurodéputés chacun).

A gauche, la France insoumise (trois eurodéputés) prône le non-respect, en matière budgétaire, des traités européens, sans sortir formellement de l’UE.

– Allemagne –

Formation anti-euro et anti-migrants créée en 2013, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu 12,6% des suffrages aux législatives de 2017, bouleversant le jeu politique.

En raison de défections, l’AfD, qui avait obtenu en 2014 sept eurodéputés (sur 96), n’en dispose plus que d’un.

– Suède –

Les Démocrates de Suède (2 eurodéputés sur 20), qui envisagent une sortie de l’UE, se posent en arbitre entre les deux grands blocs dominants, de gauche et de droite.



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