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Le rationnement des devises inquiète le patronat camerounais

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Le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) a fait part jeudi de ses inquiétudes sur la crise des devises, dont le rationnement est aujourd’hui imposé aux entreprises pour le règlement de leurs transactions internationales.Ce rationnement, déplore l’organisme au lendemain de son assemblée générale, se traduit par des délais d’exécution des transferts beaucoup plus longs, le relèvement des coûts de transactions et la complexification des procédures.

Face à ce phénomène qui perdure, le Gicam a donné mandat à son conseil d’administration pour suivre, «avec une attention toute particulière, la question des devises et porter les préoccupations des entreprises y relatives».

Il y a de cela trois mois, le président de l’Union des patronats d’Afrique centrale (Unipace), Célestin Tawamba, par ailleurs président du Patronat camerounais, avait attiré l’attention de l’opinion sur l’inquiétude des chefs d’entreprises face à l’épineux problème de pénurie des devises qui, selon lui, «met à mal la crédibilité des entreprises auprès des fournisseurs».

Estimant que cette situation n’est pas de bon augure quant à la réforme structurelle portant sur l’amélioration du climat des affaires et la compétitivité des entreprises, Célestin Tawamba note que la Cemac «est une zone économique malade, sous perfusion du FMI (Fonds monétaire international)». Cette pénurie «est une piqûre de rappel quant à la nécessité de revisiter le modèle économique de notre sous-région, qui est précisément à l’origine de l’effondrement des réserves de changes», a-t-il insisté.

Pour s’en sortir, M. Tawamba a recommandé «l’examen en urgence de la question des devises», demandant que soient prises des mesures établissant des priorités dans le choix des opérations faisant l’objet d’ordres de transfert, l’établissement de telles priorités, aussi arbitraires soit-il. Pour lui, cela serait «absolument stratégique, le temps nécessaire de passer un cap critique, afin d’éviter des difficultés en chaîne, préjudiciables aux entreprises et à l’économie en général».


La crise des devises, tant décriée par les milieux d’affaires, cristallise aujourd’hui la polémique avec la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). En fin mars dernier, le gouverneur Abbas Mahamat Tolli a qualifié d’«infondées et totalement inexactes» les informations faisant état d’une rareté des devises au sein de la Communauté économique et monétaire sous-régionale (Cemac).

Partant de là, il a rejeté une prétendue politique de rationnement, le prétendu rejet systématique et sans motif par l’Institut d’émission des demandes de transfert de fonds à l’étranger soumises par les banques. La Banque centrale «dispose d’avoirs en devises permettant de couvrir largement les besoins des économies» sous-régionales, dont la stabilité externe «est confortable» avec un taux de couverture extérieure s’établissant à plus de 62%, a-t-il précisé.

Au quotidien, rappelait alors son gouverneur, la Beac met à la disposition des agents économiques, à travers les banques, les devises sollicitées dès lors que les dossiers soumis sont conformes aux exigences de la réglementation des changes, laquelle prescrit aux banques un délai de deux jours ouvrés pour l’exécution des ordres remis par la clientèle, sous réserve que toutes les conditions de conformité à la réglementation des changes et au dispositif de lutte anti-blanchiment soient réunies.

Se réservant le droit de mener toutes les actions nécessaires, en particulier l’application des sanctions prévues par la réglementation des changes en vigueur à l‘encontre des banques qui, par leur pratique, entraveraient la bonne réalisation des opérations internationales des agents économiques, Abbas Mahamat Tolli avait alors invité tous les agents économiques, dont les demandes de transfert seraient rejetées par les banques au motif de la rareté des devises, d’en informer ses services nationaux compétents.



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