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Le S-400, fleuron de la défense antiaérienne russe

Voici ce qu’il faut savoir sur le système russe de missiles antiaériens S-400 dont la Turquie, membre de l’Otan, a pris livraison vendredi.

. Qu’est-ce que le S-400 ?

Le S-400 est un système de défense aérienne entré en service dans l’armée russe en 2007, conçu pour intercepter et abattre toute menace venue du ciel, avion comme missile. Selon son constructeur, le géant de l’armement Almaz-Anteï, les S-400 ont une portée de 400 km et peuvent se déployer en cinq minutes.

Concrètement, une batterie de S-400 consiste en plusieurs véhicules: un centre de commande, différentes stations radar mobiles et jusqu’à 12 véhicules de lancement, d’énormes camions dotés de quatre missiles chacun.

Plusieurs dizaines de batteries ont déjà été déployés à travers la Russie. La péninsule ukrainienne de Crimée, annexée par la Russie en 2014, a reçu quatre S-400 et deux batteries ont aussi été déployées en Syrie pour y protéger les bases russes de Tartous et Hmeimim.

. Qui a acheté des S-400 ?

Pékin a été le premier client à l’étranger des S-400 en 2014. Aucun détail n’a été dévoilé, mais il était alors question de quatre à six batteries pour un montant maximal de trois milliards de dollars. Les livraisons ont officiellement commencé en avril 2018 et les premiers essais des S-400 chinois ont eu lieu fin juin 2019.

L’Inde a pour sa part acheté cinq batteries de S-400 pour 5,2 milliards de dollars. Leur livraison doit débuter fin 2020.


Une dizaine d’autres pays se sont montrés intéressés, notamment l’Irak, le Qatar ou l’Arabie saoudite, mais cet intérêt pour des armes ultra-modernes doit aussi être vu comme un moyen de pression sur Washington afin d’obtenir de l’armement américain à moindre coût.

. Pourquoi les Occidentaux craignent les S-400 ?

Le S-400 est considéré comme l’un des systèmes de défense antiaérienne les plus modernes au monde, pour un coût inférieur à celui de ses concurrents comme le Patriot américain.

Officiellement, Washington craint que la Russie utilise les S-400 turcs pour collecter via ses formateurs des renseignements sur les F-35 américains, chasseurs de dernière génération que la Turquie a commandé en 100 exemplaires. Les Etats-Unis et l’Otan estiment aussi que le S-400 est incompatible avec les équipements utilisés par les membres de l’Alliance atlantique.

Mais ce qui exaspère Washington, c’est bien le fait qu’Ankara achète des armes aussi sophistiquées à la Russie. De fait, Moscou a transformé ses S-400 en arme politique: en vendant ses S-400 à la Turquie, elle sème un peu plus la discorde entre Ankara et ses alliés de l’Otan, avec qui les relations sont déjà tendues.

Et ça ne va pas s’arrêter: Moscou annonce déjà l’entrée en service du S-500, successeur du S-400, dans le courant des années 2020. Entre autre nouveautés, la Russie assure que ses missiles seront capables d’atteindre l’orbite basse de la Terre, de façon à viser, par exemple, des satellites.

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