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Le Sénat prêt à voter sur Kavanaugh, les républicains confortés par un rapport du FBI

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Les sénateurs républicains, confortés par un rapport du FBI qui ne confirme pas les accusations d’abus sexuel contre le juge Brett Kavanaugh, espèrent entrer vendredi dans la phase finale de sa confirmation à la Cour suprême.

Un vote de procédure pourrait être soumis aux sénateurs dans la matinée, avant-dernière étape clé avant un vote final peut-être le lendemain. La Maison Blanche s’est dite « confiante » dans l’issue du scrutin.

Le juge Kavanaugh, un brillant magistrat héraut des valeurs conservatrices, était en bonne voie d’être confirmé, quand une femme est sortie de l’ombre à la mi-septembre pour l’accuser d’une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982.

Lors d’une audition suivie par 20 millions d’Américains, Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, s’est dite sûre « à 100% » d’avoir été agressée par le jeune Kavanaugh. Le magistrat s’est dit tout aussi certain de son innocence.

Confrontés à deux vérités irréconciliables, le Sénat avait, sous la pression d’élus indécis, demandé un complément d’enquête au FBI, qui a rendu son rapport confidentiel mercredi soir à la Maison Blanche.

Les sénateurs ont pu en consulter une copie jeudi dans une salle fermée. Les républicains en sont sortis ragaillardis, les démocrates frustrés.

Il n’y a « rien » de nouveau dans ce rapport, « cette enquête n’a trouvé aucune trace de comportement inapproprié », a estimé le chef républicain de la commission judiciaire du Sénat, Chuck Grassley. « Espérons que dans 48 heures, nous aurons un nouvel arrivant à la Cour suprême », a-t-il ajouté.

« Ce qui est notable avec ce rapport, ce n’est pas ce qui est dedans, mais ce qui n’y est pas », a rétorqué la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, dénonçant une enquête « incomplète », probablement « contrainte » par la Maison Blanche.

– « Club de vieux copains » –

« S’il y avait eu 100 enquêtes » du FBI, les démocrates « obstructionnistes » auraient encore trouvé à redire, a répliqué Donald Trump sur Twitter, demandant au Sénat de passer désormais au vote sur son candidat, « un homme bien, d’un grand intellect ».

Vendredi, le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell devrait demander à la chambre de voter sur la « clôture » du processus de confirmation, avant un vote probablement le lendemain sur le candidat lui-même.

Si cette étape du vote de « clôture » n’est pas la dernière, il est difficile d’imaginer que la candidature de Brett Kavanaugh survive à un « non », ou, à l’inverse, qu’elle échoue finalement samedi après un « oui ».

Démarche extrêmement rare pour un candidat à la Cour suprême, M. Kavanaugh s’explique dans une tribune à paraître vendredi dans le Wall Street Journal.


Se disant être « un juge indépendant, impartial », il y reconnaît avoir été « peut-être trop ému » lors de son audition devant le Sénat la semaine dernière, au cours de laquelle il avait usé d’un « ton tranchant ».

« J’ai dit des choses que je n’aurais pas dû dire. J’espère que tout le monde peut comprendre que j’étais là-bas en tant que fils, mari et père », se justifie-t-il.

Sa candidature avait suscité dès juillet une levée de boucliers dans les rangs progressistes, mais les débats ont gagné en intensité avec les accusations d’abus sexuel.

Des milliers de militants se sont retrouvés jeudi sur la colline du Capitole, où se dressent face à face la Cour suprême et le Congrès, en brandissant des pancartes barrées des messages: « Ne trahissez pas les femmes, votez non ».

« Kavanaugh fait partie d’un club de vieux copains qui le protègent » envers et contre tout, a regretté Angela Trzepkowski. Pour cette habitante du Delaware, ce serait « un désastre » si le juge entrait malgré tout à la Cour suprême.

– « Un signal envoyé aux femmes » –

La haute cour est l’arbitre des questions de société les plus épineuses aux Etats-Unis: peine de mort, droit à l’avortement, lois sur les armes à feu, mariage homosexuel… L’entrée de Brett Kavanaugh, 53 ans, en son sein, placerait les juges progressistes en minorité pour de nombreuses années.

Les Américains, sensibilisés à la question des violences sexuelles depuis l’émergence du mouvement #MeToo, ont une lecture de l’affaire très marquée par leur appartenance partisane. Trois quarts des démocrates croient Mme Blasey Ford, quand trois quarts des républicains croient le juge Kavanaugh, selon un sondage Marist.

Les sénateurs républicains, qui détiennent une courte majorité (51 sièges sur 100), soutiennent quasiment tous le candidat de Donald Trump, mais trois d’entre eux n’ont toujours pas fait connaître leurs intentions et pourraient faire basculer l’issue du vote.

Deux d’entre eux, le sénateur républicain Jeff Flake et sa consoeur Susan Collins, ont loué jeudi « une enquête très approfondie. »

Du côté démocrate, deux sénateurs restaient indécis, mais Heidi Heitkamp a fait savoir jeudi qu’elle voterait avec son camp, contre le juge Kavanaugh, pour « envoyer un signal aux jeunes filles et aux femmes » des Etats-Unis.

Les démocrates espèrent faire échouer la candidature du juge Kavanaugh pour infliger un camouflet à Donald Trump avant les élections parlementaires du 6 novembre.


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