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«Le Sénégal n’arrive pas à stabiliser ses acquis démocratiques » (analyste)

Alioune Tine, le fondateur du Think Tank Afrikajom Center a affirmé, vendredi soir à Dakar, que le Sénégal est un pays qui peine véritablement à consolider « ses acquis démocratiques ».« Le césarisme démocratique institué en 1963 par Léopold Sédar Senghor avec le Président-Peuple, détenteur de l’exclusivité de la légitimité, contrôlant l’ensemble des institutions semble être un horizon politique indépassable, un increvable plafond de verre sur lequel on bute désespérément. En dépit des luttes démocratiques et des changements de régime, le Sénégal n’arrive pas à stabiliser ses acquis démocratiques », a déclaré Alioune Tine au cours d’un panel organisé par son Think Tank.

Cette rencontre dont le modérateur était le Pr Kader Boye, ancien Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) avait comme thème « pour un processus électoral démocratique, transparent, honnête et apaisé au Sénégal ».

Revenant sur le sujet, Alioune Tine a soutenu qu’il existe « un sentiment diffus de malaise démocratique gagnant de plus en plus l’opinion, l’impression dominante qu’il y a quelque chose d’inachevé dans le processus électoral et qui pourrait être porteur de risques ».

Pour sa part, El Hadj Malick Mbengue, le Directeur des Opérations Electorales s’est félicité de ce moment d’échanges, auquel ont pris part des acteurs politiques comme le député de l’opposition, Mamadou Diop Decroix, constitue « une source d’enrichissements » et intervient dans un contexte particulier. En outre, il a passé en revue les différentes étapes de l’organisation matérielle des élections au Sénégal qui, a-t-il rappelé, « est confiée au ministère chargé des élections en l’occurrence celui de l’Intérieur compétent selon le Code électoral pour la préparation et l’organisation des opérations électorales ».   

A sa suite, le Pr Ousmane Khouma, enseignant à la Faculté des Sciences juridiques et politiques de l’Université de Dakar, notant « la crispation, la tension voire la violence durant les périodes pré-électorales et électorales » au Sénégal, dit croire dur comme fer qu’« il ne peut y avoir de démocratie sans élections et celles-ci ne sont dignes de la démocratie que si elles laissent aux électeurs un libre choix. Ce qui implique une compétition électorale ouverte et contrôlée par des organes indépendants ».


De son côté, Sophie Ly Sow, consultante en Communication et membre du Tribunal des pairs a listé quatre recommandations devant permettre aux médias de jouer pleinement leur rôle dans le processus électoral. Elle a ainsi mis l’accent sur « la formation continue des journalistes, la rationalisation du paysage médiatique sénégalais, la co-régulation et l’autorisation des sondages d’opinion ».

Au Sénégal, l’élection présidentielle est prévue le 24 février 2019. L’actuel président de la République Macky Sall va briguer un second mandat. Les opposants de taille que sont Khalifa Ababcar Sall et Karim Wade risquent de ne pas y participer pour des raisons judiciaires.

Le premier nommé est en détention à la prison de Reubeuss (Dakar) pour l’affaire de la Mairie de Dakar, le second est « exilé » à Doha (Qatar) après son emprisonnement suite à la traque des biens mal acquis engagée par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).


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