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Le système d’enregistrement des naissances en Côte d’Ivoire reste à désirer (Officiel onusien)

Le système d’enregistrement des naissances reste à désirer en Côte d’Ivoire où il « y’a besoin de le reformer » et de le « renforcer», a estimé lundi, le représentant résidant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dans le pays, Askia Touré.Le haut fonctionnaire onusien s’exprimait à la faveur de la présentation d’une enquête dénommée Cartographie des personnes apatrides et  à risque d’apatridie (CAPA), sur toute l’étendue du territoire national  pour mieux appréhender la question. Cette enquête a été menée par l’Etat ivoirien  avec le soutien de partenaires dont le  Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

 «Cette opération est importante pour nous », a-t-il relevé, ajoutant que « c’est un exercice de cartographie qui vise  à circonscrire de manière géographique la situation d’apatridie où en Côte d’Ivoire l’on estime à environ  700 000, les personnes dans cette situation où à risque ».

De son avis, a-t-il insisté, « le système d’enregistrement des naissances en Côte d’Ivoire reste à désirer. Il y’a besoin de le reformer, de le renforcer ».

L’une des chefs d’équipe de la mission CAPA, Carolle Toua, rencontrée à Bouaflé (Centre-Ouest ivoirien, environ 306 km d’Abidjan), a dénoncé la négligence de certains parents et leur réticence à faire établir des documents d’état-civil à leurs enfants.

« On a rencontré beaucoup de cas d’apatridie et assez de cas à risque d’apatridie. Des  gens de 30 -40 ans qui n’ont jamais été déclarés par les parents,  n’ont aucun document », a-t-elle confié à APA.


Pour l’agent de l’Institut national de la statistique (INS), « il y’a beaucoup de cas de négligence ». « Beaucoup de personnes ne voient pas la nécessité de faire de la déclaration de naissance. Pour eux,  ils ont tout le temps », regrette Carolle Toua qui dans le cadre de cette opération a sillonné plusieurs localités en passant par le Nord et le Centre ivoirien.

Le gouvernement mesure l’ampleur de la question. La  Secrétaire d’Etat auprès du Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Aimée Zebeyoux, pointe du doigt « la tradition qui a  la peau dure ».

 « Il faut déclarer les naissances,  c’est moins cher. Quand on ne le fait pas, il faut aller faire un jugement », interpelle Mme Zebeyoux qui a travaillé durant de longues années sur cette question  en qualité de présidente des femmes juristes de Côte d’Ivoire.

L’opération de cartographies des personnes apatrides et à risque d’apatridie en Côte d’Ivoire a été lancée, en août dernier à Abidjan. Ce sont  90  enquêteurs sur toute l’étendue du territoire national qui participent à ce projet qui concerne 9 240 ménages. La restitution est prévue en décembre 2018.


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