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L’économie camerounaise «a perdu sa dynamique de performance» (Patronat)

L’économie nationale «a perdu de son élan passé, sa dynamique de performance s’estompe progressivement», selon le président du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), Célestin Tawamba.Dans une déclaration, faite jeudi dernier à Douala, la métropole économique, à l’occasion de l’assemblée générale mixte de l’instance et que APA a pu consulter dimanche soir, le secteur local est présenté comme à la croisée des chemins, nourrissant «au niveau des membres et des entreprises des craintes, des peurs, ou des espoirs, des attentes».

Se fondant sur les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), prévoyant un taux de croissance de 3,8% en 2018 contre 3,5% un an auparavant, le patronat constate qu’il se situe bien en deçà de la prévision de 5,5% en moyenne annuelle sur la période 2010-2020 fixée dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), qui, du coup, a perdu de sa pertinence et doit être revisité.

Les piliers de la croissance du Cameroun mettent une fois de plus en exergue la fragilité de son modèle économique, affirme le président du Gicam, décrivant par ailleurs un moral en berne des chefs d’entreprises au cours du premier semestre 2018 «du fait de la pression fiscale toujours aussi pesante et répressive, l’asthénie de la demande solvable, la concurrence déloyale du fait de certains délinquants fiscaux ainsi que de la contrebande».

Célestin Tawamba déplore également le climat d’insécurité dans certaines régions du pays, l’insuffisance de l’offre d’énergie, les difficultés de recouvrement de créances sur l’État ainsi que les impasses de trésorerie nées de l’accumulation des crédits de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) non remboursés.

Selon lui, la Loi de finances 2019, tout en donnant quelques motifs de satisfaction, suscite de fortes inquiétudes liées à la hausse de la pression fiscale, du fait de l’instauration de multiples autres taxes, notamment dans les secteurs brassicoles, des tabacs et sur toutes les importations, à quoi s’ajoutent d’autres mesures qui ne garantissent pas les droits des contribuables, à l’instar des modalités de délivrance de l’attestation de non-redevance.

Commentant le retrait au pays, par la Confédération africaine de football (CAF), de l’organisation en 2019 de la Coupe continentale de la discipline (CAN), Célestin Tawamba affirme qu’il rend potentiellement vains les nombreux efforts d’innovation et investissements, annihile les espoirs de retombées positives, tant des pouvoirs publics que du secteur privé et même des ménages, et porte un coup au moral des investisseurs et des ménages, qui pourrait s’avérer dévastateur.


Les secteurs les plus négativement impactés par cette mesure sont le bâtiment et les travaux publics (BTP), le tourisme et les secteurs connexes à l’industrie touristique.

Au-delà des conséquences économiques et financières, le président du Gicam estime que ce retrait pourrait contribuer à détériorer le climat des affaires et saper la confiance que les investisseurs auraient pu placer sur le Cameroun, avec une aggravation du risque-pays qui s’ensuivrait, se traduisant par ailleurs par un relèvement du taux des d’emprunts du Cameroun sur les marchés financiers.

Le patronat lance ainsi «un appel pressant» au gouvernement pour la prise urgente de mesures fortes, permettant de tirer toutes les conséquences de l’ensemble des dysfonctionnements à l’origine de ce regrettable échec.

Entre autres axes d’action préconisés, le Gicam demande de donner plus de lisibilité et de cohérence à l’action gouvernementale, d’engager une baisse drastique du train de vie de l’État, notamment par la formation d’un gouvernement plus resserré et une meilleure rationalisation des dépenses publiques, préalables à la baisse de la pression fiscale, mais aussi de «mettre l’entreprise au cœur des politiques économiques».

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