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L’économie et la crise anglophone font de la résistance dans les journaux camerounais

Le débat sur le projet de budget de l’État pour l’année à venir, en discussion au Parlement, retient l’attention des journaux camerounais parus vendredi, les mêmes qui s’intéressent aux tractations de couloirs en vue du remaniement ministériel ainsi qu’aux derniers développements de la crise sécessionniste dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.Le ballet des ministres a débuté pour la présentation et la défense des enveloppes budgétaires à l’Assemblée nationale, signale le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, précisant que c’est le patron des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, qui a ouvert la série devant la commission des finances et du budget.

Face aux élus, rapporte la publication bilingue, le membre du gouvernement s’est attelé à présenter les perspectives économiques, sociales et financières de la nation, avec à septembre 2018 un taux d’exécution de l’ordre de 63,1% du budget de l’exercice finissant.

Avant le Minfi, rappelle Le quotidien de l’Économie sous le titre «Faits et chiffres économiques de 2018», c’est le Premier ministre, Philemon Yang, qui était mercredi devant la Chambre basse pour la présentation du programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour 2019.

Reste que le chef du gouvernement, si l’on en croit Le Messager, n’a pas du tout convaincu les députés de l’opposition quant à la pertinence du projet de développement pour le pays, ayant davantage axé son propos sur des généralités sans prise directe avec les préoccupations des citoyens.

Il s’agissait d’un écran de fumée, semble renchérir La Nouvelle Expression : le gouvernement, sous le prétexte de la rigueur budgétaire, s’apprête, pour l’année à venir, à instaurer une pression fiscale «mortelle» en 2019.

Et, entre autres hausses fiscales attendues, Le Financier d’Afrique note que les taux d’enregistrement des marchés publics vont passer de 5 à 7% pour les bons de commande, de 2 à 5% pour les lettres commandes, et de 2 à 3% pour les commandes égales ou supérieures à 50 millions FCFA.

Pendant ce temps, que deviennent les investissements publics de 2018, avec les projets non exécutés dans les régions en crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ? s’interroge The Guardian Post.

Pour le quotidien à capitaux privés de langue anglaise, la crise actuelle dans les deux zones anglophones ayant grandement entravé la bonne exécution des projets réservés, nombre de personnes se demandent ce que le gouvernement a l’intention de faire avec les fonds ainsi alloués pour le développement de cette partie du pays, en proie à une guerre sécessionniste depuis octobre 2016.


Et le sang n’arrête pas de couler sur le front séparatiste, prévient le même journal, qui établit un bilan de plus de 60 personnes tuées ces derniers jours dans le Sud-Ouest, au cours des combats entre les sécessionnistes «ambazoniens» et l’armée régulière.

Dans leur croisade, prolonge The Post, les forces de défense et de sécurité ont neutralisé plusieurs insurgés et libéré au moins trois otages.

La situation sur le terrain est entourée d’un épais brouillard, déplore Le Jour, constatant, pour ne prendre qu’un seul exemple, que le flou persiste trois semaines après l’assassinat, le 30 octobre 2018 dans le Nord-Ouest, du pasteur américain Charles Truman Wesco.

Autant on sait peu de choses sur la direction prise par le corps du religieux, autant le mystère s’épaissit sur l’origine de ses assassins, le gouvernement et les séparatistes se renvoyant la responsabilité de cet acte odieux.

Sous le titre «Politique : branle-bas gouvernemental», le bihebdomadaire Matila se penche pour sa part sur les tractations en cours dans le sérail en vue de la constitution d’une équipe : la logique, qui veut que se peaufine le nouveau gouvernement, au sortir d’une élection présidentielle, semble respectée.

Plusieurs ministres, annoncés avec insistance sur le départ, ont perdu le sommeil, s’amuse Le Messager qui, dans le même temps, rappelle que le président réélu, Paul Biya, n’a aucune obligation de remanier l’exécutif.

Pendant ce temps, signale InfoMatin, c’est le Grand-Nord qui abat ses cartes pour le prochain gouvernement : des élus du septentrion font actuellement le siège de dignitaires du régime à Yaoundé, pour proposer leurs futurs représentants aux affaires et exiger le départ de quelques autres.



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