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Législatives au Pakistan: cinq acteurs-clés à suivre

Les élections législatives du 25 juillet au Pakistan ont été précédées par une campagne brève et acrimonieuse, compliquée par une série d’attentats meurtriers qui ont attisé les craintes d’un retour de l’instabilité dans un pays aux institutions fragiles et à l’histoire mouvementée.

Les principaux acteurs à suivre sont l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif, emprisonné et qui ne peut être candidat, les dirigeants des trois principaux partis en lice et l’armée, qui malgré ses dénégations est soupçonnée d’y avoir joué en sous-main un rôle de premier plan.

– Nawaz Sharif –

Le « lion du Pendjab », trois mandats de Premier ministre tous interrompus avant leur terme à son actif, emprisonné depuis la semaine dernière pour corruption, est une figure dominante de la vie politique pakistanaise, engagé dans un bras-de-fer avec l' »establishment » militaire et la justice pakistanaises, qu’il accuse de conspiration contre lui.

Destitué en juillet 2017 par une décision controversée de la Cour suprême, il a ensuite encaissé coup après coup, se voyant interdire tout mandat électif et de diriger son parti, le PML-N.

La saga a atteint son point culminant début juillet avec sa condamnation à dix ans de prison alors qu’il se trouvait à Londres, et son retour au Pakistan une semaine plus tard pour se livrer à la justice.

Un retour guidé par la volonté de sauver son parti, dont la campagne battait de l’aile, selon des analystes.

M. Sharif, qui a dirigé le pays de 1990 à 1993, de 1997 à 1999, et de 2013 à 2017, est perçu au Pakistan comme une figure combative et tenace.

Son actuel différend avec l’armée, dont il était jadis proche, est attribué à sa volonté de recentrer le pouvoir entre des mains civiles et de travailler à un réchauffement des relations avec l’Inde.

– Shahbaz Sharif –

Mian Mohammad Shahbaz Sharif a repris les rênes du parti PML-N suite à la chute de son frère aîné Nawaz, qui reste cependant le chef incontesté du clan.

Dépeint comme plus brillant mais moins charismatique, Shahbaz a longtemps dû se contenter des seconds rôles. Mais il occupe une place-clé dans le paysage politique pour avoir dirigé pendant plus de dix ans la province du Pendjab, qui représente plus de la moitié de la population du pays (207 millions).

Shahbaz, qui est aussi un influent homme d’affaires, a la réputation d’avoir une personnalité moins opiniâtre et donc plus acceptable aux yeux des militaires que Nawaz. Les deux frères n’ont jamais corroboré les nombreuses spéculations de divergences entre eux.

– Imran Khan –

Ex-champion de cricket au physique avantageux, l’opposant politique Imran Khan ne fait pas mystère de son ambition de devenir Premier ministre.


Connu en Occident comme un ancien sportif d’exception aux nombreuses conquêtes, Imran Khan présente un visage beaucoup plus conservateur au Pakistan, où il se veut musulman dévot.

Son parti, le PTI, fondé en 1996, a longtemps dû se contenter d’une poignée de sièges.

La chute spectaculaire de M. Sharif depuis un an, dont il n’a eu de cesse de dénoncer la vénalité supposée, lui a ouvert un boulevard électoral, même si une victoire complète reste incertaine.

Nombre de ses détracteurs le jugent pourtant inapte à la fonction. Certains le surnomment « Taliban Khan » et l’attaquent pour ses appels répétés au dialogue avec des groupes insurgés violents et pour son soutien à une loi anti-blasphème controversée.

D’autres le soupçonnent ouvertement d’être lié à la puissante armée pakistanaise.

– L’armée

Perçue comme la plus forte institution du pays, elle a dirigé le Pakistan pendant près de la moitié de ses 71 ans d’existence. Les observateurs estiment qu’elle garde la haute main sur la politique étrangère et la défense du pays.

Elle a été accusée d’interférer lourdement dans cette campagne électorale, où plusieurs cas d’enlèvements, pressions et menaces sur des médias et des candidats et militants politiques ont été rapportés.

Soupçonnée de vouloir entraver toute couverture favorable des Sharif et du PML-N, et de favoriser ainsi Imran Khan, elle rejette ces accusations.

– Bilawal Bhutto Zardari-

Sa mère Benazir Bhutto, unique femme à avoir dirigé un pays musulman, a été assassinée en 2007. Son grand-père Zulfikar Ali Bhutto, également chef du gouvernement, a été pendu en 1979. A 29 ans, Bilawal a de qui tenir malgré son manque d’expérience.

Les chances de son parti, le PPP, de remporter les élections sont jugées quasi-nulles, mais il pourrait être appelé à jouer le rôle de faiseur de roi en s’alliant à l’un des deux grands favoris, le PML-N ou le PTI.

Son père, Asif Ali Zardari, surnommé « Monsieur 10% » en raison de nombreuses accusations de corruption, fut président du Pakistan de 2008 en 2013 et pourrait nourrir de nouvelles ambitions politiques.


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