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L’émissaire de l’ONU à Hodeida au Yémen pour favoriser une trêve durable

L’émissaire de l’ONU Martin Griffiths est arrivé vendredi à Hodeida, principal front de la guerre au Yémen, pour pousser à une trêve durable dans cette ville meurtrie par les combats, où les humanitaires s’inquiètent pour le sort des civils.

Selon une source de l’ONU, l’objectif de la visite dans cette ville de l’ouest du pays en guerre est « de voir de près la situation et d’envoyer un message à tous les protagonistes sur l’importance de la trêve en vue de la relance des négociations politiques ».

L’émissaire de l’ONU cherche à organiser des consultations de paix en Suède entre pouvoir et rebelles, pour lesquelles il n’a pas encore fixé de date. Les Etats-Unis ont indiqué qu’elles auraient lieu début décembre.

Vitale pour l’acheminement des importations et des aides au Yémen, Hodeida illustre à elle seule la complexité de la guerre au Yémen qui a fait quelque 10.000 morts depuis près de quatre ans et provoqué la pire crise humanitaire au monde avec selon l’ONU 14 millions de personnes en situation de pré-famine.

M. Griffiths est depuis mercredi à Sanaa où il a discuté jeudi avec le dirigeant rebelle Abdel Malik al-Houthi en vue de progresser vers une solution politique au conflit opposant les insurgés pro-iraniens aux forces progouvernementales aidées militairement par une coalition militaire sous commandement saoudien.

– Renforts rebelles –

Après une intensification de l’offensive pour reprendre Hodeida, les loyalistes ont marqué le 13 novembre une pause dans les opérations militaires pour favoriser les efforts de paix.

La ville a connu cette semaine deux nuits d’affrontements mais le calme est toutefois revenu jeudi.

Les habitants ont néanmoins dit craindre une reprise des combats alors que selon une source au sein des forces fidèles au pouvoir, les rebelles ont reçu des renforts dans un quartier de la ville, ce qui a poussé des dizaines de familles à fuir.

Les rebelles Houthis ont renforcé leurs positions dans le quartier du 7 juillet dans le centre-ville et ont installé des francs-tireurs sur les toits des immeubles après la progression des forces progouvernementales dans sa direction, ont précisé des habitants.

Mais la coalition a répété son engagement envers les efforts de l’ONU.

Vendredi, le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, dont le pays est un pilier de cette coalition, a tweeté que « la meilleure façon d’aller de l’avant vers un processus politique durable est de soutenir les discussions de Suède et les efforts de Martin Griffiths, sans préjuger de ces négociations ».


Le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi a d’ores et déjà annoncé sa participation aux consultations de paix.

Les derniers pourparlers, organisés sous l’égide de l’ONU à Genève en septembre, avaient échoué, les rebelles n’ayant pas fait le déplacement, disant craindre pour leur sécurité.

– Epargner l’hôpital –

La situation à Hodeida focalise l’attention de la communauté internationale qui mesure avec inquiétude les risques d’une famine généralisée dans le pays avec la poursuite des hostilités.

En amont de la visite de M. Griffiths, le Programme alimentaire des Nations unies (PAM) a annoncé avoir distribué 30.000 colis alimentaires, capables de nourrir une famille de six personnes pendant un mois, à 180.000 personnes à Hodeida, à la faveur de la trêve.

Le PAM, qui assure venir en aide à 8 millions de Yéménites par mois, a également acheminé à Hodeida des aliments de base, comme la farine et l’huile, « afin de subvenir aux besoins de 240.000 personnes », a-t-il précisé dans un communiqué.

Dans un communiqué conjoint jeudi, le secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires de l’ONU, Mark Lowcock, et l’Unicef ont souligné que la « désescalade à Hodeida a fourni un répit tant nécessaire à des centaines de milliers de civils restés dans la ville ».

Ils ont aussi appelé les belligérants à épargner l’hôpital al-Thawra à Hodeida, « crucial pour des millions de personnes de la région ». « Les lignes de front sont très proches et toute reprise des combats pourrait rapidement rendre inutilisables ses installations », mettent-ils en garde.

En mars 2015, l’Arabie saoudite sunnite, voisine du Yémen, a pris la tête de la coalition militaire pour aider le gouvernement Hadi à stopper une progression des rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, puissance régionale chiite rivale du royaume saoudien.

Le pays est aujourd’hui quasiment divisé en deux, les forces progouvernementales contrôlant le sud et une bonne partie du centre tandis que les rebelles tiennent Sanaa ainsi que le nord et une grande partie de l’ouest dont Hodeida.



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