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Les démineurs de la Légion, anges gardiens des soldats français au Sahel

« Nous sommes leurs anges gardiens », explique fièrement Michaël, légionnaire au 2e régiment étranger de génie à Saint-Christol (Vaucluse) spécialisé dans la traque des engins explosifs artisanaux (IED) tant redoutés par les soldats français déployés au Sahel.

Sous les yeux de Michaël l’instructeur, Bogdan, vêtu d’une lourde combinaison blindée couleur sable et d’un casque, effectue un exercice de reconnaissance dans une maison abandonnée. Détecteur en main, le quadragénaire aux allures de cosmonaute balise son itinéraire pour éviter l’accident avant de découvrir un baril de lessive dissimulant un engin explosif.

Comme la douzaine de légionnaires hyper spécialisés chargés de désamorcer toutes sortes d’engins, dont le régiment défilera le 14 juillet à Paris, Bogdan a vu son rôle s’intensifier depuis la guerre en Afghanistan. Un conflit qui marque « la prise de conscience » des forces françaises contre le risque accru des mines de toutes sortes, souligne le chef de compagnie Edouard.

« Les IED (Improvised Explosive Device), c’est l’arme du faible contre le fort. Elles permettent de ralentir ou d’empêcher l’avancée des troupes », résume ce capitaine.

Les IED sont une vraie menace pour les troupes françaises déployées au Sahel dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane: deux soldats français ont été tués en février au Mali dans l’explosion d’une mine artisanale au passage de leur blindé. Près de 90 explosions visant les forces françaises, leurs partenaires et des civils ont été recensées là-bas l’an dernier.

Sur le terrain, les compétences des légionnaires démineurs sont très sollicitées. « Nous sommes des conseillers très précieux pour le commandement, c’est rassurant pour eux de nous avoir à leurs côtés » face à ces « gardiens sans sommeil » qui peuvent sauter à tout instant, observe l’adjudant-chef Michaël, 22 ans de service.

– « La boule au ventre » –

Pour réduire les risques de pertes humaines, les démineurs disposent à chaque mission de 900 kg de matériel, des robots sur chenilles dotés de bras télécommandés et de munitions aux appareils à rayon X pour radiographier les colis suspects. Mais les simples « poêles à frire » restent encore majoritairement utilisées par les sapeurs sans cesse sur le qui-vive.


Une poupée, un livre, un fauteuil, un arbre: « tous les objets, même les plus anodins, peuvent dissimuler une mine artisanale », relève Michaël.

« La conception des IED n’a pour limite que l’imagination humaine », note-t-il en sortant d’une salle où s’accumulent plusieurs centaines de mines utilisées à travers le monde.

De la grenade à main en bois de fabrication chinoise, qui coûte moins cher qu’un coca, utilisée en Centrafrique, aux mines les plus sophistiquées conçues pour être enfouies dans le sable, la section doit remettre régulièrement ses connaissances à jour.

« Les ennemis jouent avec notre curiosité et modifient sans cesse la fabrication et le déclenchement », poursuit le sergent-chef qui martèle à ses hommes que leur pire ennemi, « c’est l’habitude et l’excès de confiance ». « On croit qu’on a déjà eu à faire à ce type d’engin et on va au-delà de ses compétences », poursuit l’inflexible instructeur.

« On ne peut pas faire ça à la légère, c’est nous qui payons le prix en premier en cas d’erreur », acquiesce à ses côtés Bogdan, en sueur après l’exercice.

« Si on nous arrache le bras, même le meilleur des chirurgiens au monde ne pourra rien faire », poursuit le légionnaire qui reconnaît « avoir un peu la boule au ventre » quand il intervient en mission: « On ne sait jamais sur quoi on va tomber ».


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